04.01.2007

Planete offshore

Rightsourcing, rightshore, bestshore. Quel que soit le nom que lui donnent respectivement Unilog, Capgemini et GCI, il s'agit du même concept. A savoir, la capacité, pour une SSII, de proposer, au meilleur coût, la meilleure compétence où qu'elle se trouve sur la planète. Combien me coûtent « n » développeurs J2EE en fonction de leur localisation et de leur prix de revient, par exemple. Ce concept s'appuie sur la notion de modèle de livraison de services global (ou Global Delivery Model).

Afin de répondre au mieux aux appels d'offres internationaux, tous les ténors du service se sont lancés dans une course effrénée à la globalisation. Une SSII indienne comme Infosys est présente en Chine, mais aussi en République tchèque ou à l'Ile Maurice, faisant fi des langues et des fuseaux horaires. Nos champions nationaux ne sont pas en reste. En acquérant Kanbay, Capgemini porte à 12 000 le nombre de ses collaborateurs en Inde et envisage d'y employer 35 000 informaticiens d'ici à 2010. Soit plus du triple de son effectif hexagonal actuel. Entre ces SSII globales et les SSII locales, mais aussi les sociétés pivots qui jouent les intermédiaires et les formules de joint-venture ou de location-achat d'équipes délocalisées, les opportunités, pour une entreprise, de pratiquer l'offshore sont légion.

Reste à définir le pays prestataire, sachant que la France cultive une nouvelle exception culturelle. Alors que l'Inde et ses 150 000 nouveaux informaticiens formés par an accaparent près de 9 milliards de dollars de services offshore d'un gâteau mondial estimé par IDC à 11,9 milliards, le sous-continent n'a pas le même attrait en France qu'aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Menée en décembre 2005, une étude de Pierre Audoin Consultants (PAC) montre une répartition équilibrée des destinations offshore à partir de la France entre l'Europe du Sud (30 %), l'Inde (25 %), l'Europe de l'Est (15 %) et le Moyen-Orient/Afrique (18 %).

Chiffrer les coûts cachés

Jouant sur la proximité à la fois géographique, linguistique et culturelle, l'Hexagone constitue son écosystème, comme l'ont fait les Etats-Unis avec le Canada et l'Inde. Un univers qui favorise notamment la Roumanie, désormais membre de l'Union européenne. Mais aussi le Maghreb, et particulièrement le Maroc qui, comme le note Syntec Informatique dans son document de position sur l'offshore, « essaie de transposer dans l'informatique sa réussite dans le domaine des centres d'appels » . Sans oublier des destinations plus exotiques telles que Madagascar et l'Ile Maurice.

Au-delà de la langue et du salaire, d'autres indicateurs sont à prendre en compte. Il s'agit de chiffrer les coûts cachés (envoi d'expatriés, actions de formation supplémentaire, turnover...), mais aussi de mesurer les risques, qu'ils soient d'ordre géopolitique (régime politique, inflation...) ou juridique (droit sur la propriété intellectuelle). Une analyse qui avantage, cette fois, une destination pionnière comme l'Inde, aux outils et à la méthodologie éprouvés.

Afrique

Francophonie oblige, l'Afrique présente deux pôles d'intérêt. D'un côté, le Maghreb avec la Tunisie et, surtout, le Maroc. De l'autre, l'océan Indien avec les îles de Madagascar et de Maurice. Connues pour les centres d'appels, ces destinations ont étendu leur offre à l'offshore des nouvelles technologies.

Europe de l'Est

Si les réductions de coûts ne sont pas aussi significatives qu'en Asie ou en Afrique, des destinations comme la Hongrie, la République tchèque ou la Roumanie profitent de leur appartenance à l'Union européenne.

Asie

L'Inde et ses plus de 20 ans de pratique est « la » destination offshore du village mondial. La barrière linguistique reste toutefois un frein, en France. Derrière, émergent la Chine et son vivier inépuisable de compétences, ainsi que des destinations plus exotiques comme les Philippines ou la Thaïlande.


L'état du marché

Moins de 2 %

Telle est la part de l'offshore dans le chiffre d'affaires des SSII françaises, estimé en début 2006 par Syntec Informatique. Elle devrait atteindre près de 5 % en 2009.

Environ 150 000

ingénieurs informaticiens sont formés chaque année en Inde.

9 085 $

selon NeoIT, c'est le salaire annuel d'un informaticien junior en Roumanie, contre 46 194 $ aux Etats-Unis et 5 715 $ en Inde.

 

 [ AFRIQUE ]
Casablanca, la francophone
Du Maghreb à l'océan Indien, les destinations africaines attirent de plus en plus les entreprises françaises. Avec, cependant, un avantage marqué pour Casablanca.

L'Afrique de l'offshore informatique a deux pieds. L'un au Maghreb, l'autre dans l'océan Indien. Tunisie et Maroc d'un côté, Madagascar, île Maurice, et Réunion de l'autre. Voilà les destinations préférées des entreprises françaises. Tout logiquement, ce sont aussi les régions les plus francophones du continent africain.

Connu depuis des années pour son savoir-faire en matière de centres d'appel, le Maghreb s'attaque à la prestation informatique et attire dorénavant des projets de développement et de tierce maintenance applicative (TMA). Avec des équipes grandissantes, surtout au Maroc.

Considérée comme une destination phare de l'offshore français, Casablanca arrive largement en tête des implantations au Maghreb. Le grand programme lancé par le gouvernement marocain - Emergence 2010 - porte donc ses fruits.

Les plus grands acteurs français sont déjà implantés ou ont réservé un espace dans le nouveau complexe Casashore, qui sera livré à la mi-2007. Des bureaux à 7 euros le mètre carré, des exonérations fiscales à la clé, etc. : tout est fait pour attirer les Européens - Français et Espagnols en tête. Avec des salaires deux fois moindres qu'en France, le Maroc fournit, en outre, d'excellents ingénieurs, dont un grand nombre a été formé en France.

Tunisie versus Maroc...

Concernant la Tunisie, elle attire par la qualité de ses ingénieurs, mais aussi par son système éducatif en général, connu pour son élitisme. Selon ses adeptes, elle a pour principaux atouts d'être plus francophone et moins concurrentielle que le Maroc.

Madagascar... et Maurice versus

A l'autre extrémité du continent africain, la même concurrence oppose Madagascar et l'île Maurice. Cette dernière se veut «  la plate-forme offshore de l'océan Indien. Mais Madagascar commence à bouger  », constate Michel Brocq, dirigeant de MB Conseil, un prestataire spécialiste de la région. « Ce qui lui manque, c'est la connaissance des entreprises et des projets. » Une lacune qui devrait être, dans un avenir proche, vite comblée.

Autre différence d'envergure entre les deux îles : les technologies pratiquées. Maurice s'accapare les nouvelles - Java, J2EE, et.Net - tant pour les projets de développement que pour la tierce maintenance applicative (TMA), les conversions, ou encore les migrations. Madagascar, elle, serait davantage orientée « anciennes » technologies, principalement mainframes et Pacbase. Des technologies boudées par les diplômés français. Reste à former davantage d'ingénieurs malgaches.

D'un côté comme de l'autre de l'Afrique, les atouts invoqués sont finalement similaires. Avant même les savants calculs de prix de revient, c'est la proximité culturelle qui fait l'unanimité. Principalement auprès des PME françaises, pour lesquelles ces destinations sont davantage accessibles.

Le Maghreb conserve toutefois la préférence des sociétés. Non seulement pour sa proximité géographique, mais aussi pour l'appui des gouvernements, qui confère aux offres un gage de sérieux. Par le passé, en effet, les Français ont parfois pâti de prestataires locaux peu fiables. Ce temps est désormais révolu. D'autant que les plus grandes SSII françaises se sont implantées dans cette région et y ont créé leurs propres filiales locales. Un signe fort de maturité, ce sont aujourd'hui des autochtones qui, progressivement, prennent les rênes de ces nouvelles entreprises.

D'autres destinations existent sur le continent. Par exemple, l'Afrique du Sud, où s'est implantée Accenture, ou, en zone francophone, le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Cameroun. De nouveaux eldorados en perspective ?

Le Maroc
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Effectif

Le Maroc a la capacité de former 5 000 diplômés par an. Parmi les principales écoles, on peut citer l'Ecole Mohammedia d'ingénieurs, l'Ecole nationale supérieure d'informatique et d'analyse de systèmes, l'Ecole polyvalente supérieure d'informatique et d'électronique, et l'Ecole supérieure en ingénierie de l'information, télécommunications et management.

Implantation des sites

Casablanca, mais aussi Rabat et Marrakech.

Acteurs

Les SSII françaises implantées : Atos, Unilog, GFI, SQLI, et, prochainement, Capgemini.

Prestations proposées

Pas de spécialisations à proprement parler. Les prestataires tablent davantage sur l'opportunisme en fonction de la demande client. Les développements et la TMA sur les PGI sont fréquents, mais les nouvelles et les anciennes technologies sont également abordées.

La grande famille européenne se resserre
De la Hongrie à la Russie, les contrées les plus froides du Vieux Continent attirent et rassurent les SSII et DSI français. Intégration européenne oblige, les coûts évoluent toutefois à la hausse.


Xavier Biseul, Corinne Zerbib et Clarisse Burger , 01 Informatique, le 03/01/2007 à 07h00

La guerre froide n'est plus qu'un lointain souvenir. L'Europe de l'Est, Russie comprise, constitue aujourd'hui une destination prisée des SSII et des DSI français en quête de plates-formes offshore. La cause première de cet engouement est à chercher du côté de la stratégie de développement des groupes français, qui ont créé là-bas de nombreuses usines - principalement en Roumanie et en Pologne. « Nous allons là où nos clients français s'installent » , affirme Jean-Luc Bernard, PDG du groupe Astek, prestataire spécialisé dans l'externalisation de la R&D et les systèmes d'information. Comme lui, d'autres sociétés de services accompagnent les grands industriels hexagonaux que sont France Télécom, Renault ou Schneider dans leur ruée vers l'Est.

Proximité et discrétion

De là à profiter du déplacement pour créer une plate-forme offshore, il n'y a qu'un pas. EDS l'a franchi depuis quelques années déjà. Un millier de personnes travaillent pour lui à Budapest et le géant américain prépare l'ouverture d'un autre centre en Pologne. Un exemple parmi de nombreux autres, mais remarquable par son volume, car ses homologues raisonnent plutôt en dizaines de postes. Au contraire de l'Asie, l'Europe de l'Est convient particulièrement aux contrats « à taille humaine » , émanant souvent des PME.

Ainsi, l'Europe de l'Est et la Russie sont particulièrement réputées pour leur excellence dans les matières scientifiques. Mathématiques et programmation de pointe n'ont pas de secret pour ces Européens, certes faiblement rémunérés, mais dont les cursus de formation initiale n'ont rien à envier aux nôtres, ni d'ailleurs à ceux de leurs concurrents indiens. Pour autant, les principaux critères invoqués dans le choix de ces pays par les DSI et SSII français sont à rechercher ailleurs.

Ni les tarifs ni les niveaux d'études ne figurent au premier rang. En Europe de l'Est, on est tout simplement... européen. Et donc proche sur les plans géographique - une visite peut se dérouler dans la journée - et, surtout, culturel. Cette fameuse culture du Vieux Continent reste un facteur de choix décisif. Notamment de la part des grandes banques françaises, pour lesquelles la confidentialité des données constitue une contrainte majeure. La Roumanie reste une destination privilégiée en raison de son penchant historique pour la langue française, toujours largement enseignée à l'école.

Des salaires à la hausse

Les économies sont bien au rendez-vous. Mais elles ne sont pas aussi significatives qu'en Asie ou en Afrique. De l'ordre de 30 % en moyenne, bien loin des quelque 60 % souvent annoncés en Inde. D'autant que, programmée ou acquise, l'intégration dans l'Union européenne ne peut que niveler les salaires par le haut.

Il n'empêche. « Des entreprises préfèrent payer un peu plus cher pour garder les ressources à portée de main » , analyse Chafik Sabiry, directeur de l'offre offshore d'EDS France. Un exemple ? Après avoir visité plusieurs pays et continents, un nouveau client vient de choisir Budapest. Il préfère, en effet, rester en Europe pour conserver la confidentialité, la sécurité et le cadre législatif.

Développement de logiciels, tierce maintenance applicative et gestion d'infrastructures se côtoient allégrement dans ces pays. Avec tout de même une dominante. « La République tchèque et la Pologne sont actuellement les principales destinations pour les activités liées à l'exploitation  » , estime Compass Management Consulting.

La Roumanie
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Effectif

La Roumanie forme 6 000 ingénieurs diplômés par an. Principales écoles : l'Institut polytechnique de Bucarest (Politehnica), l'université Titu Maiorescu, l'université de Craiova, l'Asachi Technical University of Iasi.

Implantation des sites

Bucarest, Timisoara, Constanta et Brasov.

Acteurs

Parmi les SSII roumaines ou les sociétés pivots, on peut citer Prosoft, Azentis, Partenium, Kepler Rominfo, ou Softorigin. Et pour les SSII occidentales présentes : C&S, Pentalog, EDS, Axway (Sopra Group), Beler, etc.

Prestation proposées

Développement de nouvelles technologies, Unix, open source, portage et migration de bases de données, création et refonte de sites internet-intranet, design web, hébergement.


[ L'OFFRE DU MARCHÉ ]
La concurrence est désormais mondiale sur les compétences IT


Xavier Biseul, Corinne Zerbib et Clarisse Burger , 01 Informatique, le 03/01/2007 à 07h00

Le vivier inépuisable de l'Asie

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(1) Rémunérations moyennes dans le secteur IT, relevées par le cabinet de conseil NeoIT.

L'Europe de l'Est joue sa carte « Union européenne »

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(2) Salaires d'embauche dans le secteur IT, relevés par le cabinet de conseil NeoIT.

L'Afrique refait le coup des centres d'appel

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[ ET DEMAIN… ]
Des destinations nouvelles et des prestations inédites émergent
Chine, Roumanie, Moldavie... Les possibilités d'implantation à l'étranger sont multiples.

Xavier Biseul, Corinne Zerbib et Clarisse Burger , 01 Informatique, le 03/01/2007 à 07h00

Les analystes sont unanimes. L'offshore se développera dans les prochaines années. Au profit de destinations émergentes, mais aussi de nouveaux types de prestations et de formes contractuelles inédites.

Les SSII indiennes se tournent déjà vers d'autres pays

La hausse des salaires dans les pays pionniers redistribue les cartes de l'offshore. On le voit pour l'Inde : une augmentation annuelle des rémunérations de 10 à 15 % ne peut que nuire, à moyen terme, à son attractivité. Afin de rester compétitives, les SSII indiennes se sont donc entendues pour appliquer une hausse homogène et modérée des salaires. Pour fidéliser leurs collaborateurs et juguler un turnover d'environ 20 %, elles actionnent d'autres leviers. Notamment des plans de carrière, une implication accrue des salariés dans la stratégie de l'entreprise, et l'intérêt ou la variété des missions proposées.

Les SSII indiennes peuvent également se tourner vers des destinations où la main-d'oeuvre est moins chère. Ainsi, les ténors du service s'implantent aux Philippines, mais aussi et surtout en Chine, en y appliquant les processus industriels qui ont fait leur succès.

Consultant en stratégie et développement offshore, Nicolas Goldstein observe le même effet dominos en Europe de l'Est, où sont aussi présentes des SSII indiennes comme Infosys et Satyam. « C'est la Roumanie qui émerge le plus nettement du bloc francophone. Mais on y observe déjà une pénurie d'informaticiens. Et des cabinets de recrutement viennent alimenter les sociétés de services. » Du coup, la Moldavie commence à lui faire concurrence. Et si la Moldavie devient trop chère, on se déplace en Ukraine, un pays qui, depuis la révolution orange, malmène la suprématie de la voisine russe en pratiquant de plus bas salaires.

Au Maghreb, l'Algérie essaie d'émerger aux côtés de la Tunisie et du Maroc. « Des Franco-Algériens reviennent au pays pour créer leur SSII. Mais leurs salaires font remonter les prix. Les tarifs s'y alignent donc sur ceux deux pays voisins. »

Et quid des risques géopolitiques ? « Je n'ai jamais vu un projet bloqué pour des raisons géopolitiques. Le mode de paiement - 50 % à la commande, 50 % à la livraison - constitue en soi une assurance. »

Le périmètre applicatif de l'offshore s'élargit

L'offshore ne concerne plus les seules tâches répétitives : codage simple, correction de bogues, migration de bases... Il monte en gamme. Lorgnant, par exemple, le développement complexe, le paramétrage de PGI, la tierce maintenance applicative, voire la tierce recette applicative. Même la gestion des infrastructures (réseaux, serveurs, centres de données) n'est pas épargnée.

C'est la politique des petits pas. Une fois ses procédures et son organisation remises à plat dans l'esprit du modèle CMMI, une entreprise a la possibilité de tester l'offshore sur une partie d'un projet, puis élargir progressivement le périmètre. Derrière, les SSII locales se font fort de dimensionner les équipes en un temps record. Selon Syntec Informatique, 40 % environ du marché des services peut être traité en offshore.

La location avec option d'achat séduit de plus en plus

Les pionniers de l'offshor e ont généralement tenté l'aventure accompagnés d'une société de services ou d'une société pivot. Cette phase d'apprentissage passée, Nicolas Goldstein note une tendance à l'implantation en direct des donneurs d'ordres. A l'image de l'assureur Aviva, qui a jeté son dévolu sur l'Inde.

Une solution transitoire consiste à recourir au transfert d'activité opérationnelle, ou BOT (Build Operate Transfer). Cette forme contractuelle reprend le principe de la location-achat. Une entreprise loue une équipe de développeurs en offshore, laissant au prestataire le soin de gérer les hommes et l'infrastructure. A l'issue d'une période probatoire - de six mois à cinq ans, en général -, soit elle continue en sous-traitance, soit elle monte une coentreprise avec le prestataire, soit elle absorbe la totalité des parts et crée une filiale à 100 %.

«  Ce qui limite la prise de risques  », estime Nicolas Goldstein. Par ailleurs, le BOT exonère l'entreprise de l'opération la plus délicate en offshore. A savoir la transmission du savoir-faire, qui dure au minimum un an. » Le BOT s'avère de plus en plus pratiqué en Inde, mais aussi en Roumanie, où une société comme Kepler a grossi en montant des joint-ventures avec des sociétés françaises.

 

[ ASIE ]
Inde, la prime au pionnier de la sous-traitance
Quatrième économie mondiale, l'Inde occupe la pole position en matière d'offshore. Développement, tierce maintenance applicative, intégration... Etendue, l'offre indienne suit des processus industrialisés.

Xavier Biseul, Corinne Zerbib et Clarisse Burger , 01 Informatique, le 03/01/2007 à 07h00

Difficile de parler de l'offshore en Asie sans consacrer l'essentiel du propos à l'Inde. Quatrième économie mondiale en termes de parité de pouvoir d'achat, l'Inde devrait connaître une croissance de son PIB de 8 % en 2006. En matière de services informatiques, elle contrôle - selon le Nasscom, le Syntec indien - 44 % du marché mondial de la sous-traitance du logiciel. L'industrie informatique indienne devrait ainsi atteindre cette année un chiffre d'affaires de plus de 36 milliards de dollars.

Pionnier de l'offshore, le sous-continent a rodé ses processus industrialisés et offre une large gamme de prestations. Celles-ci s'étendent du développement applicatif à l'intégration de progiciels, en passant par la tierce maintenance applicative. Et ses grands acteurs - Tata Consultancy Services (TCS), Infosys, ou Wipro - rivalisent avec leurs homologues anglo-saxons et européens. « Si l'on veut externaliser sérieusement ses développements, il faut choisir l'Inde , tranche Jean-Yves Grisi, de Pivolis, société pivot récemment rachetée par l'indien KPIT. Les compétences, notamment en intégration SAP, y sont de très haut niveau. »

Une très large expertise

Et pour assurer leurs marges de croissance, « les Indiens offrent aussi des prestations de téléservices depuis l'Europe continentale - supervision à distance, services liés aux infrastructures , analyse Elisabeth de Maulde, directrice du cabinet d'études PAC. Ce mouvement récent devrait s'accélérer l'an prochain. Non pour des raisons de réduction des coûts, mais pour pallier la pénurie d'experts ».

De l'informatique de gestion à l'informatique technique, en passant par l'externalisation de processus métier ou BPO (Business Process Outsourcing), l'expertise indienne est complète. Ce n'est pas toujours le cas des grandes SSII occidentales - IBM, Accenture, EDS, Atos Origin, Capgemini, etc.  -, qui, du coup, renforcent considérablement leurs structures en Inde.

Plus récemment, les SSII moyennes comme Sopra y ont aussi développé une offre solide. « Basé à New Delhi, notre centre répond aux besoins de nos clients européens et nord-américains , avance Daniel El Omi, directeur de l'offshore chez Sopra. Les grands industriels français montrent un intérêt croissant pour l'Inde. » Ce centre accueillera 500 personnes en 2007. Il propose du développement, de la TMA et des services de tests.

La Chine à l'affût

Certaines entreprises, à l'instar de la Société générale et BNP Paribas, ont déjà leurs propres centres captifs ou des filiales informatiques à Bengalore ou à Bombay. Mais la voie plus classique consiste à recourir à un intermédiaire français ou local. Traditionnellement, les SSII françaises procèdent par étapes. Elles proposent d'abord à leurs clients des services en région ou en nearshore (c'est-à-dire dans des pays limitrophes). Et ensuite, si l'externalisation fonctionne bien, des prestations en Inde. A l'inverse, les sociétés de services indiennes poussent leurs clients à tout externaliser d'un bloc, mettant à leur disposition tout un vivier de compétences.

Le cas de l'Inde ne doit pas occulter le développement de services informatiques offshore en Chine - le nombre d'ingénieurs formés chaque année y est supérieur à celui de l'Inde. Même si les entreprises clientes restent en majorité japonaises et américaines. Sans oublier les pays émergents, comme les Philippines, le Vietnam et la Malaisie, dont les gouvernements n'hésitent pas à investir dans la formation. Pour l'heure, toutefois, les SSII françaises sont encore peu présentes dans ces pays.

L'Inde
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Effectif

L'industrie informatique emploie 1,5 million de personnes, et 2,5 millions indirectement.

Implantation des sites

Principalement en Inde du Sud avec, bien sûr, Bangalore mais aussi Chennai (anciennement Madras), Pune ou Hyderabad.

Acteurs

Les principales SSII indiennes -  Tata Consultancy Services (TCS), Infosys, Wipro - affichent des chiffres d'affaires supérieurs à 1 milliard de dollars. Elles prévoient des recrutements massifs d'ici à quatre ans. Ainsi TCS, forte de 72 000 salariés, entend-elle en embaucher 30 000 supplémentaires. Du côté des SSII occidentales, on trouve, en ordre décroissant de leurs effectifs en Inde : IBM, Accenture, Capgemini, CSC, EDS, LogicaCMG et Atos Origin.

Prestations proposées

Développement de projets informatiques internationaux, tierce maintenance informatique, création et intégration de progiciels pour des multinationales.

24.07.2006

Les directeurs financiers pas impliqués dans la stratégie de leur entreprise

L'étude du Geac, commentée par Viviane Ribeiro, Présidente de Geac France, a été conduite auprès de 415 Directeurs Financiers, (en Europe par CFO Europe et aux Etats-Unis par CFO Research Services): 68% d'entre eux estiment ne pas jouer un rôle de conseil stratégique auprès de leur Direction Générale. Seuls 34 % des Européens et 30% des Américains déclarent jouer ce rôle.
Télécharger l'etude Geac.doc

Une entreprise qui s'implique dans des outils de CRM, associés aux ERP, devraient réfléchir à ce type de fonctionnalité.

Le téléphone sonne sur votre bureau. Et vous veniez juste de commencer à explorer votre boite mail (63 nouveaux messages...) après avoir raccroché avec un client, qui ne vous passe commande de 3 boites de crayons que tous les trimestres.... mais qui vient de vous accaparer 10 minutes de votre journée !!!

Exemple caractéristique dans une journée d'un Administrateur des Ventes, ou d'un Gestionnaire de stocks... Et réaction typique : l'énervement !

Pourtant ce Client n'aurait pas eu à appeler, ces Services Clients étrangers ou ce Responsable de la sous-traitance ne vous auraient pas envoyé d'e-mail s'ils avaient eu l'information sans la demander. Et c'est là qu'au lieu de s'énerver il faut prendre des mesures.

Le développement des réseaux informatiques a dores et déjà permis de mettre pas mal d'informations à disposition. Sur votre site web on peut trouver le dernier catalogue avec les prix ou le mode d'emploi en Grec de votre dernier lecteur MP3, et même un driver à jour pour le coffret de commande de votre machine XYZ...

Dans des organisations intégrées entre industriels, beaucoup d'informations sont disponibles (stock, commandes en cours, délais,...). Mais tout le monde n'en est pas là et de toutes les façons il manque toujours quelque chose.

A vous de recenser les informations les plus demandées. Par exemple :

  • avez vous reçu mon matériel en réparation ? quand vais-je avoir le devis ? je pense avoir donné mon accord sur tous les devis que vous m'avez envoyé mais peut-être y en a-t-il un que je n'ai jamais reçu et vous, vous pensez que je traîne à prendre la décision ?
  • je vous ai passé une commande, mais l'avez vous reçue ou nous apercevrons nous de la perte de cette info uniquement une fois le délais de livraison dépassé ? (et oui, trop d'entreprises ne fournissent toujours pas d'accusé réception pour les commandes !!!)
  • la série spéciale en rose fushia est-elle toujours disponible ?
  • le type de panne auquel je fais face s'est-il déjà présenté à d'autres de vos clients ?
  • d'accord, vous êtes en rupture de stock mais quand pourrez vous me livrer ?
  • votre agrément a-t-il été validé par notre service qualité pour l'année en cours ?
  • ...
Il faut ensuite chercher à produire de "l'information pro active". Rassembler toutes les réponses et les fournir au client avant qu'il ne les cherche.

Cela peut prendre la forme  d'un fichier partagé sur un réseau ou d'une page réservée sur un site web. Pourtant là encore, le client, même s'il ne vous "dérange" plus au téléphone, doit faire la démarche d'aller chercher l'information.

Alors, un fax hebdomadaire récapitulatif (état des commandes en cours par ex.) peut déjà être un pas vers une satisfaction client maximale.

Aujourd'hui, la technologie des flux RSS est prometteuse pour "pousser" l'information de façon moderne. Quand vous rendez une information disponible, l'informatique client (le lecteur de flux) vient la chercher à intervalles réguliers et la présente au destinataire de façon transparente (il n'a pas eu à chercher).

20.07.2006

Des tableaux au prix des CD

 

Une oeuvre d'art à 6 ou 9 euros, plus 5 euros pour la livraison. A ce prix, un artiste new-yorkais, Steve Keene, a vendu 140 000 pièces en dix ans. Selon lui, un tableau et un CD ont la même valeur. Donc le même prix ! Keene peint et vend en continu : « L'art change la vie, mais l'oeuvre n'a pas de statut. Mes créations sont accessibles au plus grand nombre. Tout comme les disques d'un musicien. » Avis aux plasticiens français, et/ou à leurs amis entrepreneurs...: www.stevekeene.com

17.07.2006

Inter(net)view de Christophe Chausson




16.07.2006

Sous-traitance et externalisation

Depuis quelques années, « faire ou faire faire ? » est devenu la question brûlante des gestionnaires en quête de flexibilité. Les systèmes d'information sont eux aussi externalisés.

L'externalisation se met au service des nouvelles organisations caméléons, flexibles et adaptables. Loin du dogme, cette option de gestion implique fortement la vie et l'évolution de l'entreprise, au niveau collectif et individuel. Au-delà du contrat, il s'agit de créer une relation vivante avec le prestataire. Reflet de l'entreprise, le système d'information suit le mouvement de cette grande orchestration.

L'organisation, au coeur de la stratégie des entreprises

En réponse à la diminution des marges, à l'accélération du changement de l'environnement, à la généralisation de nouvelles technologies et à la mondialisation de l'économie, de nouvelles formes d'organisation émergent au coeur et au croisement des réseaux d'entreprises. Souples et réactives, petites et grandes à la fois, ces organisations caméléons ont aujourd'hui vocation à dynamiser l'entreprise de l'intérieur. 

 

... sont les deux mamelles de la gestion d'entreprise moderne. Et voilà que les Etats s'y mettent.

- "Nous devons nous recentrer sur notre coeur de métier!"
- "Il faut rationnaliser les coûts!"

Ces phrases ne choquent personne. Elles rythment aujourd'hui le management opérationnel des entreprises. Elles signifient en fait deux choses :

  • Externalisation des métiers jugés "annexes" au sein de l'entreprise, généralement vers des sous-traitants.
  • Réduction des effectifs par le licenciement des personnes qui exerçaient les métiers périphériques.

Souvent, cette phase de dégraissage consiste à transférer les salariés de l'entreprise principale vers l'entreprise sous-traitante. Laquelle, souvent, n'a qu'un seul donneur d'ordre : l'entreprise principale. L'entreprise fille se retrouve clairement en position de filiale, pieds et poings liés devant les exigences de l'entreprise principale, mais n'en a pas le statut, ce qui est fort pratique à bien des égards.

Sous-traitance et sous-traitement.

On peut facilement concevoir qu'une entreprise spécialisée dans le conditionnement de foie gras n'a pas pour vocation d'entretenir à demeure un service informatique pour son parc et réseau interne, mais qu'elle a plutôt intérêt à faire appel à un prestataire spécialisé qui lui délèguera en fonction des besoins personnel, compétences et maintenance.
Mais l'appel aux sous-traitants peut aussi être une stratégie consistant à déléguer hors de l'entreprise principale le sale boulot.

Ainsi, Airbus, fleuron de l'industrie aéronautique européenne, vitrine du savoir-faire technologique français, se fait épingler sur ce genre de pratiques lors d'un reportage édifiant[1].
Chez Airbus, pas de fausses notes : une convention collective en béton, des salariés bien rémunérés, des mesures de sécurité drastiques. Le consortium n'a pas à rougir de sa politique salariale, il est exemplaire. Mais dans les coulisses, c'est une autre chanson. Airbus sous-traite. Enormément. Et pas seulement les activités à la périphérie de son coeur de métier! Airbus repose sur une myriade de sous-traitants. Il suffit de se rendre à la périphérie de Toulouse, autour du site principal de l'entreprise pour s'en rendre compte.

Ainsi, bien qu'il ait la technologie, les ouvriers spécialisés, les ateliers aménagés, les pratiques de sécurité, le géant préfère sous-traiter au maximum les opérations de peinture de ses avions. Et on le comprend. Pour résister aux conditions extrêmes rencontrées pendant les vols, les peintures pour avions sont truffées de produits hautement toxiques et reconnus comme cancérigènes. Peindre un avion dans de bonnes conditions de sécurité revient à faire une sortie en scaphandre dans l'espace!
Heureusement, les sous-traitants du pinceau sont là et leurs salariés sont loin d'avoir les niveaux de protection, d'information et de formation de ceux d'Airbus... pour les salaires, aussi, les coûts liés à la sécurité, on est loin des exigences d'Airbus au sein de ses ateliers. Ici, la sous-traitance n'est qu'une manière d'externaliser une activité à risque afin d'en réduire les coûts pour le donneur d'ordre, et ceci, au détriments de la santé, voire de la vie des salariés du sous-traitant.
Airbus livre les peintures toxiques et se lave les mains de se qui se passe ensuite.

On peut faire la même chose dans le domaine social : sous-traiter une activité gourmande en main d'oeuvre et laisser l'entreprise prestataire se débrouiller pour comprimer les coûts salariaux au maximum, tout en gardant les mains propres au niveau de la maison mère qui a souvent une image de marque à défendre. L'Oréal, leader mondial de la cosmétique l'a bien compris et sous-traite massivement les opérations de flaconnage et embouteillage de ses produits. Les économies se font sur le dos des interimaires, dernier maillon faible d'une logique de déresponsabilisation globale.

 

Pas vu, pas pris!

Déléguer le sale boulot aux autres, voilà toute une philosophie que les services secrets américains ont repris à leur compte.

Déjà, l'armée US a bien compris qu'envoyer les boys américains se faire dézinguer sur des terres lointaines ne la rend pas très populaire dans les foyers américains et est en train de travailler à la privatisation de la guerre en Irak. Ce sont d'ailleurs ces sous-traitants du flingue et de la torniole qui ont porté le chapeau lors de l'affaire d'Abou Ghraïb. De la même manière, ce sont des entreprises privées qui assurent le gros de la logistique des troupes américaines, s'assurant ainisi des profits colossaux et défendant leurs intérêts particuliers à travers le bras régalien de l'Etat[2]

Alors quelles limites à l'externalisation-délocalisation des sales pratiques? Aucune!

La dernière trouvaille de la démocratie la plus auto-proclamée du monde, c'est d'exporter... la torture!
Il est vrai qu'il est difficile de se prétendre le modèle de la démocratie mondiale tout en foulant aux pieds ses principes fondamentaux. La guerre qui ne dit pas son nom en Irak, Guantanamo et ses violations à répétition des droits de l'hommes les plus élémentaires, Abou Ghraïb... la guéguerre contre le terrorisme, ça se paie en terme d'image de marque et il est toujours désagréable d'être marqué à la culotte par la LDH et Amnesty International.
Alors, la CIA a décidé de sous-traiter la torture aux spécialistes mondiaux de la chose.

On vit décidément une époque formidable!

Notes

[1] Magazine complément d'enquête du 14 février sur France 2, reportage : Les salaires de la peur!

[2] L'exemple le plus connu est celui d'Halliburton en Irak, mais il peut être édifiant de s'intéresser aux activités de ses filiales dans d'autres pays.

 

 

 

07.07.2006

Cyber-export : où s'informer ?

 

Douanes

Pour connaître les formalités et les droits de douane pour vendre par internet à l'étranger, le site Mkaccdb.eu.int est une mine de renseignements. Une fois arrivé sur la page " Welcome to the Market Access Database ", cliquez sur " Applied Tariffs Database ". Une liste de 70 pays est proposée. La progression se fait ensuite à partir de la description de votre produit.

TVA

Lorsque vous exportez en dehors de l'Union européenne, il faut toujours facturer hors taxes. C'est la même règle en intracommunautaire pour les produits destinés aux particuliers. Au-delà d'un seuil compris entre 35 000 et 100 000 euros selon le pays, vous devez inclure la TVA du pays du destinataire. Cette situation est peu fréquente pour les PME. En revanche, les produits soumis aux droits d'accise (alcool, tabac...) sont soumis dès le premier franc à la TVA du pays de destination. Pour plus d'informations, contactez le service de la réglementation au Centre français du commerce extérieur (CFCE).

Des abonnements annuels sont proposés aux sociétés qui se lancent sur le Net, à partir de 3 200 francs hors taxes. Contacts : Philippe Muller (procédures douanières), tél. : 01 40 73 32 16 ; Patricia Lemaire (fiscalité indirecte, TVA), tél. : 01 40 73 38 00.

01.06.2006

Souplesse et évolutivité sont des éléments cruciaux du système de gestion intégré

Les lignes qui suivent relatent les étapes suivies par Normandin, en collaboration avec ESI ACTION, afin d'assurer un regroupement technologique réussi de ses opérations.

Dans le secteur du camionnage, les entreprises souhaitant mettre à profit les technologies de l'information pour optimiser leurs opérations doivent pouvoir compter sur des produits souples et qui s'adaptent à l'évolutivité de leurs affaires.

Normandin Transit l'a bien compris. Dixième transporteur routier au Québec en termes de volume, il exploite une flotte de plus de 200 camions et traite plusieurs milliers de commandes par semaine. Normandin a fait de son système de gestion intégré son outil de travail au jour le jour et s'en sert pour tout ce qui touche de près ou de loin à la comptabilité, mais également pour des tâches aussi diverses que la gestion des stocks, de la paie, des accidents et des commandes.

Le module personnalisé TRIP

Jusqu'en 2002, Normandin utilisait deux logiciels de gestion. Au début, ce double emploi ne causait pas de problèmes particuliers, mais au fur et à mesure que la flotte de l'entreprise grandissait, la situation s'est compliquée. La gestion des opérations étant devenue complexe, l'entreprise a dû avoir recours à un personnel plus nombreux, en raison de l'utilisation des deux logiciels qui ne pouvaient être interconnectés, ce qui rendait le partage d'informations impossible.

En 2002, Normandin a migré de l'environnement DOS à Windows, et l'entreprise a choisi de regrouper ses opérations sur un seul système, le logiciel ACTION d'ESI Technologies. Depuis, elle utilise la version Gestion des transports du logiciel dont la composante de base comprend principalement des fonctions de comptabilité. Parallèlement, elle met en oeuvre deux modules personnalisés, lesquels sont configurés par ESI en fonction des besoins de Normandin.

Le premier de ces modules a été appelé TRIP par le transporteur. De tous ceux qui ont été ajoutés à ACTION au fil des ans, il s'agit du plus important module quant au volume de transactions traitées. Plus de 50 employés s'en servent à temps plein pour effectuer des tâches essentielles à la bonne marche des affaires, par exemple préparer les commandes, élaborer les feuilles de route des chauffeurs, faire la facturation et gérer les réclamations et les documents de douane.

Parmi les tâches exécutées à l'aide de TRIP, la gestion des stocks et la répartition des commandes sont des opérations particulièrement délicates. L'entreprise assume l'expédition de milliers de palettes de marchandises par semaine et chargées dans plus de 200 camions. Elle utilise le module TRIP pour gérer les entrées et les sorties d'entrepôt de façon à répartir la marchandise reçue selon les endroits où elle est destinée.

Importance de l'évolutivité et du service

Les fonctions de TRIP ont fait l'objet d'une intégration progressive. Une période de rodage de quelques mois a d'abord été nécessaire au cours de laquelle des tests ont été effectués avant d'utiliser le module en mode production. Une fois son efficacité optimisée, TRIP a gagné peu à peu en volume et en importance. Récemment encore, on y a ajouté une fonction de gestion des avances de fonds faites aux chauffeurs. On a dû y inclure également la gestion des nouveaux documents pré-autorisés exigés par les douaniers américains – les PAPS. Le personnel administratif a réalisé qu'il était plus efficace de le faire directement dans le système de gestion.

« Pour nous, la souplesse est une qualité essentielle d'un logiciel de gestion intégré » , indique Éric Clément, directeur de l'informatique. « Non seulement devons-nous être en mesure d'ajouter des modules et des fonctions au fur et à mesure que nos affaires évoluent, mais au besoin, nous devons aussi être capables d'apporter des changements à la configuration des fonctions existantes. »

« Dans ce contexte » , poursuit-il, « le service offert par le fournisseur devient très important, car nous faisons appel à lui pour configurer de nouveaux modules en fonction de nos besoins et pour résoudre rapidement les problèmes techniques qui peuvent survenir. Nous devons être en communication permanente avec les spécialistes d'ESI. De ce point de vue, un lien a été établi entre eux et le logiciel de gestion, permettant ainsi de faire du dépannage à distance. Par ailleurs, le logiciel génère des messages d'erreur clairs, ce qui nous facilite davantage la tâche techniquement parlant. »

Autres modules personnalisés

Le module de la paie permet de recueillir des informations telles que les heures travaillées, le kilométrage, les notes de frais, les destinations, etc. Ces données entrent dans la préparation des fichiers servant au transfert de fonds vers les comptes bancaires des employés.

Après 2002, ESI Technologies a travaillé sur deux autres ajouts majeurs : un module de gestion des accidents et un module appelé ROLODEX. Le premier est utilisé par trois employés du service de la sécurité de Normandin qui y consignent tous les renseignements liés à la sécurité : détails des accidents, y compris des photos, dossiers des chauffeurs, informations relatives aux plaintes, constats amiables, etc. Le second module, le ROLODEX, sert à conserver les coordonnées de l'ensemble des contacts de l'entreprise – clients, fournisseurs et partenaires. Les nouvelles coordonnées entrant dans un autre module sont automatiquement enregistrées dans ROLODEX.

Intégration étroite

Beaucoup d'autres liens du même type existent entre les modules. Par exemple, les renseignements consignés dans les feuilles de route de TRIP sont automatiquement versés au module de la paie. En outre, de nombreux modes de recherche ont été codés dans l'ensemble du système afin de faciliter et d'accélérer l'accès à l'information. Donnons un autre exemple : dans les cas où l'on ne dispose pas du numéro de commande d'un client, on pourra retrouver les informations voulues à l'aide de divers objets de recherche, comme le numéro de téléphone du client, la quantité de marchandises achetées ou l'adresse de la destination.

« Nous avons demandé à ESI de programmer le système de cette façon, car nous voulions être en mesure de trouver l'information aisément » , explique Éric Clément. « Comme nous traitons plusieurs milliers de commandes par semaine, ce qui génère une grande quantité de données, il est nécessaire que les chemins d'accès soient très ouverts » , poursuit-il.

Pareillement, des liens ont été établis entre le logiciel de gestion et des programmes externes. C'est le cas du système de communication par satellite, lequel est utilisé par Normandin pour échanger de l'information avec les chauffeurs lors de leurs déplacements et leur indiquer quelle marchandise ils devront transporter au retour. Les informations transmises à l'aide de ce système sont automatiquement intégrées au logiciel ACTION afin de compléter les informations de divers dossiers.

« Nous faisons appel à la technologie dans le but d'améliorer le service à la clientèle, un facteur très important dans le transport routier » , dit Éric Clément. « Nous avons donc besoin d'un système qui nous donne la possibilité d'exploiter l'information dont nous disposons de façon à offrir un service de première qualité et à maintenir notre caractère concurrentiel. » .


Des génératrices qui contribuent à la protection de l'environnement

Depuis quelques années, des génératrices qui récupèrent les gaz de sites d'enfouissement et génèrent ainsi de l'électricité sont de plus en plus en demande, notamment en Ontario, où le prix de l'électricité est beaucoup plus élevé qu'au Québec. Quelques explications.

Par Elenka Alexandrov Todorov

Un nouveau phénomène a fait son apparition il y a quelques années, soit l'utilisation de génératrices qui récupèrent des gaz de sites d'enfouissement pour générer de l'électricité, « des génératrices spéciales » , les qualifie André Ruest, vice-président aux ventes pour Détroit Diesel, une compagnie spécialisée dans la fabrication de moteurs diesel pour les camions, et également de moteurs pour les bateaux. Voilà maintenant deux ans qu'elle s'est lancée sur le marché des génératrices au gaz.

Un des modèles conçus par Détroit Diesel est destiné au marché de l'électricité. « Il s'agit de génératrices qui utilisent non pas le diesel, mais bien le gaz, soit le propane, le naturel et même le biogaz » , explique-t-il. Par biogaz, il faut comprendre qu'il s'agit de substances traitées afin qu'elles génèrent de l'énergie.

« Nous travaillons sur ce projet avec notre compagnie sœur, Waterous Power System. Tout comme elle, nous faisons partie du groupe Wajax à 100 %. Waterous s'occupe de l'ouest du pays, soit du Manitoba jusqu'en Colombie-Britannique, alors que nous, nous gérons les projets de l'Est, soit en Ontario et dans les Maritimes » , explique M. Ruest. « Nous avons à ce sujet une entente avec General Electric qui se cherchait un distributeur » , poursuit-il.

Il faut savoir qu'en Ontario, contrairement au Québec, les coûts d'électricité sont très dispendieux. Soulignons que la Commission de l'énergie de l'Ontario annonçait récemment une hausse des tarifs qui oscillerait entre 3 % et 15 % selon les régions, et ce à compter du 1 er mai. Autre renseignement digne de mention : la consommation d'électricité est plus dispendieuse en période de pointe, soit vers l'heure du souper (17 heures), contrairement à 21 heures ou encore en après-midi.

Quelques explications : au Québec, Hydro Québec détient le monopole à titre de fournisseur d'électricité. En Ontario, il a y Hydro One, qui est une compagnie de la Couronne. Hydro One n'est toutefois pas l'unique fournisseur d'électricité de cette province. Il existe, toujours en Ontario, 93 entreprises de distribution d'électricité. « Par exemple, Oakville Ontario achète de l'électricité de Hydro One, et aussi de génératrices, électricité qu'elle revend ensuite aux consommateurs. Les génératrices représentent une « business » en pleine croissance en ce moment et pour les trois-quatre prochaines années » , explique M. Ruest.

Pour ses divers projets concernant ses génératrices, Détroit Diesel répond à des offres de fournisseurs. « Ce n'est pas que le désir n'est pas là, ce sont souvent les fonds qui manquent. Il faut savoir qu'il est question de machines qui peuvent coûter jusqu'à un million de dollars » , précise M. Ruest. « Le gros problème en Ontario, c'est que la province va manquer d'électricité pour répondre à la demande. Il y a actuellement 13 millions d'habitants dans cette province, et il faut savoir qu'il y a davantage de gens qui s'installent en Ontario qu'il y en a qui quittent. L'énergie nucléaire, je ne crois pas que ce sera la solution : trop polluant, donc le moins possible » , signale-t-il. Inutile de préciser que les groupes environnementaux tels que Greenpeace seraient dans ce cas les premiers à manifester contre cette alternative.

Fonctionnement des génératrices 

Le gaz présent sur un site d'enfouissement est pompé pour ensuite être filtré. Une fois dans la génératrice, il est brûlé par le moteur, lequel se trouve à l'intérieur d'un conteneur, afin de générer de l'électricité sur le réseau ou encore à l'interne. « Si on le brûle, cela cause des émanations, donc il est évident que nous essayons de le brûler dans la machine afin de générer de l'électricité » , explique M. Ruest.

Le moteur de la génératrice se trouve à l'intérieur du conteneur. La salle de contrôle, soit l'ordinateur de la génératrice, se trouve également à l'intérieur du conteneur. « C'est l'ordinateur qui contrôle la capacité des gaz. Actuellement, deux génératrices de ce type sont en train d'être installées à Halifax. Pour ce qui est de l'Ontario, cinq sont en train d'être installées, une est en opération à l'Hôpital Carleton, cinq ont été vendues dans la ville d'Ottawa, une a été vendue à Kingston, deux à Oakville, et nous avons également deux projets à Toronto » , signale M. Ruest.

Il faut également savoir qu'après 15-20 ans, il n'y a plus de gaz dans un centre ou sur un site d'enfouissement. Il est alors possible de déplacer les génératrices vers d'autres lieux similaires qui n'ont pas encore été exploités de cette façon.

27.05.2006

A quoi servent les Chambres de commerce ?

A quoi servent les Chambres de commerce ? : Pour 2006, leur budget d’investissement atteint à peine 40 000 DH par Chambre. Elles souffrent du retard des subventions et du manque de ressources propres. Les présidents sont prêts à travailler sur la base d’un cahier des charges.

Les Chambres de commerce, d’industrie et de services (CCIS) du Maroc ne donnent pas une image de dynamisme et de créativité. Certains vont même jusqu’à se demander à quoi elles servent ? Et cela vaut aussi bien pour le public que pour les partenaires, que ce soit du côté des opérateurs ou du côté du ministère de tutelle. A tel point qu’un ancien ministre de l’Industrie et du Commerce, département dont relèvent justement les chambres, a tout simplement dit un jour à un de ces collaborateurs que leur disparition ne ferait de mal à personne. Parmi les 28 présidents de Chambres de commerce, d’industrie et de services que compte le pays, ils sont nombreux à faire le même constat.

Cela dit, si pour beaucoup «les chambres sont de simples boîtes aux lettres», d’autres, comme Omar Derraji, Driss Houat et Chafik Rachadi, respectivement présidents des CCIS de Rabat, Oujda et Settat, sont quelque peu scandalisés que les efforts qu’ils déploient soient ignorés ou du moins peu reconnus. Ils avouent, certes, les difficultés de leurs institutions à jouer pleinement leur rôle, mais ils mettent aussi en avant certaines réalisations comme les centres de comptabilité, les structures d’arbitrage, les bulletins d’information, les mises en relation des entreprises...

A la chambre de Rabat, on s’enorgueillit de compter plus de 300 entreprises de différentes tailles. Pour son président, Omar Derraji, outre les services rendus aux ressortissants (terme qui désigne les entreprises représentées), la chambre abrite gratuitement des bureaux comme celui de la CGEM ou encore celui de l’Asmex (Association marocaine des exportateurs). A Oujda, «la chambre, explique Driss Houat, a réalisé une étude sur le développement de la contrebande, qui montre que le phénomène correspond à un chiffre de 6 milliards de DH, soit 32 400 emplois perdus pour la région de l’Oriental».

Les textes réglementaires et le statut du personnel seront revus
Pour autant, on ne peut pas parler d’un rôle déterminant des chambres en matière de conseil, de formation et d’accompagnement des opérateurs. Nombreux sont les présidents à être d’accord sur le fait qu’un saut qualitatif est aujourd’hui nécessaire. Pour ce faire, le ministère de tutelle, en association avec les CCIS, prépare des textes qui vont permettre à ces dernières un meilleur fonctionnement, du moins en théorie, en plus d’un nouveau règlement électoral et d’un statut du personnel plus approprié. Mais c’est sûrement au niveau du financement, nerf de la guerre, qu’il faut chercher le levier majeur de dynamisation.
Pour Chafik Rachadi, président de la Chambre de Settat, le dynamisme des CCIS est effectivement bloqué par le manque de moyens et, souligne-t-il, «plusieurs projets ont été abandonnés ou pas du tout entamés pour cette raison».

C’est pourquoi Salaheddine Mezouar avait commencé par organiser une réunion entre le premier ministre, Driss Jettou, et les présidents des chambres. De cette rencontre, tenue en février 2006, est sortie une mesure importante : une subvention exceptionnelle de 7,76 MDH leur a été accordée et une deuxième tranche de 4,6 millions est programmée, toujours au titre de l’exercice 2006. Il faut savoir, en effet, que la plupart des CCIS se voient débloquer leur budget, et depuis longtemps, entre juillet et novembre de l’exercice concerné, alors que, selon la loi, ces budgets doivent avoir été programmés à la fin de l’année précédente pour être visés et débloqués à chaque début d’exercice. Ce décalage fait souvent qu’elles ne peuvent payer ni leurs fournisseurs ni les salaires des employés durant les premiers mois de chaque année. Et c’est ce qui est encore arrivé cette année. D’où la subvention que leur a accordée le premier ministre.

Le deuxième volet de cette problématique est que les budgets des Chambres, alimentés par une ponction sur l’impôt des patentes, sont en réduction constante à cause des contrats-programmes signés par le gouvernement avec différents secteurs et dans lequels, justement, les professionnels obtiennent soit des réductions soit des exonérations de la patente. Au total, les 28 chambres doivent recevoir en 2006 (et, toujours à cause du retard, recevront en fin d’année) 88,77 MDH contre 106,24 millions en 1999/2000. Résultat : il n’y a plus d’argent que pour le fonctionnement et rien pour l’investissement.

La preuve les sommes allouées à ce volet sont passées de 53,7 MDH en 1999/2000, pour les 28 chambres et leur fédération, à 1,4 million pour 2006, soit, en moyenne, 40 000 DH pour chacune. Autant dire rien ! D’ailleurs, se lamente Mounji Zniber, directeur de la CCIS de Rabat, aucun investissement n’est prévu pour la Chambre de la capitale cette année.

500 000 DH seulement de ressources propres

Ce problème aurait pu être moins grave si les sources de financement étaient plus diversifiées. Or, à ce jour, les ressources d’appoint sont trop faibles voire inexistantes. Avec un million de DH récolté grâce à la location de terrains pour diverses manifestations, la CCIS d’Agadir avait atteint son pic en 2003. Ces ressources annexes sont aujourd’hui comprises entre 400 000 et 500 000 DH. Chaque année, les Chambres de Meknès, Fès et Marrakech, grâce à leurs activités, dégagent des revenus propres de l’ordre de 400 000 à 500 000 DH.

On le voit bien, les CCIS vivotent. Si on peut se féliciter des dernières mesures du cabinet Jettou - on raconte que le premier ministre a été scandalisé du non-paiement des salaires des employés -, une véritable réflexion doit être menée pour dégager une vision globale sur le devenir des CCIS. Et si la question des ressources est incontournable, celle de la gouvernance doit être posée avec la même acuité.

Aujourd’hui, il y a tout de même un signe encourageant. Pour permettre aux chambres de jouer pleinement leur rôle, les présidents sont unanimes à accepter de travailler sur la base d’un cahier des charges évalué périodiquement.

 

/ La vie Economique - 5/26/2006 

14.04.2006

La méthode HAY

On parle souvent de la méthode Hay de pesée des postes.

On entend souvent des gens très éclairés apporter leur avis sur cette méthode, parfois avec beaucoup d'affirmation, du type "ha oui, mais cette méthode est inflationnsite", ou encore "elle est adaptée à l'industrie mais pas vraiment aux services", etc...

Je dois dire que j'ai entendu un sacré paquet d'âneries de ce type. Le seul petit problème est que tous ces avis éclairés le sont généralement par des gens qui n'ont qu'une idée très approximative de ce qu'est la méthode Hay.

Pour ceux qui comme moi la pratiquent ou l'ont pratiquée régulièrement, c'est une méthode assez semblable à toutes les autres, reposant sur quelques critères, qui combinés permettent d'avoir une idée la moins subjective possible sur l'importance d'un poste et donc la fourchette de salaire qui est adaptée. Sa particularité réside dans le système de décompte des points qui est très sophistiqué. C'est tout.

Vous trouverez ci dessous quelques slides qui résument les grandes lignes de la méthode.

methode_hay.ppt

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