20.07.2006

Une compagnie pétrolière signe un contrat de prospection avec le Polisario

Autodétermination pétrolière

Fusion Oil, une compagnie anglo-australienne a signé un accord de
pré-prospection avec le Polisario. Mais le "gouvernement de la RASD" ne pourra octroyer les permis de recherche que s'il fournit son certificat de
naissance 6 mois après l’admission de la RASD à l’ONU.

“Fusion Oil” a conclu un accord de coopération technique offshore avec la République Arabe Sahraouie Démocratique. Voilà comment cette compagnie pétrolière anglo-australienne formule les choses.
En fait, c'est une filiale d’exploitation de Fusion Oil, Fusion Oil & Gas NL, qui a conclu, le 26 mai 2002, un accord exclusif de coopération technique (ACT ) avec “le gouvernement de la République Arabe Sahraouie Démocratique”. Les négociations se sont tenues à Londres, c'est là que l'accord a été signé.
Ce n'est pas tout, l'accord est extrêmement précis. Sur le site Internet de “Fusion Oil”, par exemple, la zone qui a fait l'objet d'un accord figure sur une carte, elle a tout le Sahara pour hauteur et frise les Canaries, au large, soit 210.000 kilomètres carrés, la totalité du territoire offshore de “la république”. Candeur, sournoiserie, marché de dupes? Que penser de cet accord entre une compagnie réelle et un pays qui n'existe pas? Mais ne sommes-nous pas dans l'univers du pétrole et des pétrodollars? Peut-on croire que Fusion Oil ait signé cet accord comme une option au cas où la république sahraouie existerait vraiment un jour?

Prospections

Parmi les pays les plus hospitaliers aux membres du Polisario, il y a la Grande-Bretagne et l'Australie. Peut-on imaginer un lobby si actif qu'il ait fait prendre des lanternes pour du pétrole à une société pétrolière sérieuse? La compagnie a déjà prospecté au Gabon, en Guinée Bissau, en Mauritanie, en Gambie, au Sénégal et au Ghana. La superficie totale des zones prospectées par Fusion dans ces pays d'Afrique est de 45 000 kilomètres carrés.
Selon les termes de l’ACT, “Fusion entreprendra au nom de la RASD une étude et une évaluation détaillées du potentiel pétrolier du territoire offshore pour aider le gouvernement de la RASD à mieux évaluer le potentiel pétrolier et gazier de la zone offshore et à formuler une politique appropriée afin d’attirer des investissements internationaux”.

Tapage

Tout ce beau monde va bien vite en besogne. Même si Fusion Oil précise qu'il faudra “jusqu’à seize mois pour réaliser l’étude”. Tout d'abord, pour la zone concernée, Fusion Oil doit pour l'instant rassembler toutes les données qui existent déjà. Inutile de dire que cette région est potentiellement riche en hydrocarbures. Le Polisario cherche donc à obtenir d'abord une étude commandée par lui pour faire signer le même accord à d'autres “investisseurs”. Le problème est le suivant: combien de compagnies pétrolières le Polisario pourra-t-il intéresser grâce à une étude certainement prometteuse.
Mais on ne compte pas en rester là, car selon l'accord, dès l’achèvement de cette étude, Fusion choisira un maximum de trois permis de recherche dont chacun pourra couvrir une surface maximum de 20.000 kilomètres carrés.
Mais, car il y a un mais, le gouvernement sahraoui “s’est engagé à octroyer les permis de recherche désignés dans un délai de 6 mois suivant son admission aux Nations Unies”. C'est, jusqu'à nouvel ordre, une chimère.
On n'en est pas encore là, d'ailleurs. Pour l'instant, Fusion Oil s'est engagé à réunir des données pendant 16 mois. Les lobbies du pétrole vont s'activer, faire un maximum de tapage autour de ce pétrole, essayer de placer “la république” sous protectorat pétrolier pour tenter de faire infléchir le dossier vers un référendum auquel personne ne croit plus.
On voit mal des navires de prospection sillonner le large de Dakhla et Laâyoune au nez et à la barbe de la Marine marocaine. Mais l'objectif étant la médiatisation du dossier du Sahara, peu importe au Polisario qu'on prospecte ou non, l'essentiel étant de dire qu'il le fait ou que le Maroc l'empêche de le faire.
En définitive le Polisario, ayant été éjecté de la terre, veut occuper la mer. Il se trouvera toujours des gogos européens pour donner crédit à ce bluff et il y aura toujours derrière les tentures les maîtres algériens du Polisario qui ont le bras long dans le domaine du pétrole.
On ne serait pas étonné que cet accord blanc avec une république qui n'existe pas soit suivi d'un accord véritable avec la république algérienne qui n'existe complètement que par opposition au Maroc.

 

14.07.2006

Le modèle suédois de l’égalité femmes/hommes

Ce colloque concerne un des aspects les plus importants de la vie t de la société : l’égalité femmes/hommes.Il n’est pas facile de décrire en peu de temps la situation des emmes suédoises et scandinaves mais je me concentrerai sur les facteursrelatifs au fait que les femmes, dans les pays scandinaves, ont la ossibilité d’être économiquement indépendantes par la capacitéconjointe d’avoir un emploi rémunérateur et des enfants.
« Liberté, Égalité, Parité », ces trois mots devraient être présents ans toute politique d’égalité femmes/hommes objective. Je diraisqu’ils ont été intégrés par la politique d’égalité du gouvernement suédois. ’objectif final est une société où les femmes et les hommesbénéficient de droits, de responsabilités et d’opportunités égaux pour btenir un emploi qui apporte une indépendance économique, pourélever des enfants et pour s’engager en politique, dans les syndicats u d’autres activités sociales. Vous pouvez appeler cela le modèlescandinave de l’égalité femmes/hommes.
L’indépendance économique est ce qui fonde ce modèle. Or, pour tre indépendant, vous devez bénéficier d’un revenu propre. Une trèslarge majorité de femmes des pays scandinaves ont un emploi pleinement émunérateur et ont de ce fait les moyens de leur indépendanceéconomique.
Fiscalité et congé parental
Mais pour permettre cela, vous devez rendre possible pour les emmes et également pour les hommes la combinaison du travailavec les responsabilités parentales, sans oublier la responsabilité de rendre soin des plus âgés.Certaines réformes ont eu un impact considérable sur l’égalité emmes/hommes dans son aspect économique. Elles étaient toutesprincipalement motivées par la volonté d’encourager les femmes à ntrer sur le marché du travail : l’introduction d’une fiscalité séparéepour les maris et leurs épouses ; les droits associés à la parentalité ; es centres publics de garde d’enfants ; les centres publics d’accueildes plus âgés. endant de nombreuses années, la taxation conjointe des époux aété un des principes de base du système fiscal suédois. Ce principe vait pour effet d’imposer durement les revenus supplémentairesqu’apportait une épouse prenant un emploi. Cela a joué en défaveur e l’entrée des femmes sur le marché du travail. De ce fait, la taxationindividuelle des revenus a été introduite dès 1971.
Mais pour que le droit ou l’opportunité à un emploi pleinement émunérateur pour les femmes devienne une réalité, vous devez permettreà la fois aux femmes et aux hommes de réconcilier leurs activités conomiques avec la parentalité. Les droits que la Suède accordeaux parents aujourd’hui rendent possible pour les femmes et les ommes de prendre un congé parental de quinze mois, dont douze,bientôt treize, sont compensés à 80 % du revenu qualifié. L’un de ces
mois, bientôt deux, est réservé au père, de la même façon que l’un, ientôt deux, d’entre eux est réservé à la mère. Le restant peut êtrepartagé librement entre les parents.
De plus en plus d’hommes utilisent leur droit au congé parental, ais comme ceux-ci choisissent habituellement des périodes pluscourtes, leur part ne représente que 10 % du total.
Les parents ont également droit à une allocation parentale temporaire t à un congé lorsque leur enfant âgé de moins de douze ans estmalade. Quelque cent et vingt jours par an sont permis avec une compensation équivalente à 80 % du revenu qualifié. En 1999, les pères nt utilisé à peu près 32 % de tous les jours demandés. Les pères peuventégalement bénéficier de dix jours de droits parentaux temporaires ors de la naissance de l’enfant. Pratiquement tous les pères utilisentces journées.
Des services aux enfants bien développés sont particulièrement mportants dans une société où vous voulez que les deux parents bénéficientd’emplois pleinement rémunérés. Afin d’améliorer l’accès à de els services, les autorités locales suédoises sont obligées par la loi defournir une garde pour tous les enfants à partir de l’âge d’un an, si les
parents le désirent. Ce service doit, bien sûr, être d’un coût raisonnable.
Une large réforme de la politique familiale doit être engagée dans es prochaines années afin d’améliorer la situation des enfants et desfamilles avec enfants et d’offrir plus de possibilités pour combiner les nfants et le travail salarié.Un coût maximum pour la garde des enfants sera établi en 2002.
Étant donné que ce sont les municipalités qui sont responsables de ce ervice, elles recevront une compensation de l’État pour la réforme,qui est volontaire. Lorsque la réforme sera entrée en vigueur, personne e paiera plus de 1150 SEK par mois pour le premier enfant, 767SEK pour le second et 383 pour le troisième. Les enfants supplémentaires e coûteront rien. Les ménages à bas revenus paieront dessommes inférieures.
Il est aussi important d’offrir des services publics de qualité aux ersonnes âgées, à un coût raisonnable, dès lors que les femmes ontsouvent la responsabilité de s’occuper des plus âgés si aucun service ublic n’est disponible.Toutes ces mesures, comme je l’ai indiqué dans l’introduction, ont u comme résultat un haut taux de participation des femmes dans lemarché du travail, à peu près 80 %, ce qui est aussi élevé que celui es hommes.Il existe de considérables différences entre les positions respectives es hommes et des femmes sur le marché du travail, dues principalement,comme je l’ai évoqué, au fait que les femmes prennent la lus grande part des responsabilités parentales.
Les femmes travaillent à temps-partiel dans une plus grande proportion ue les hommes. Les femmes sont principalement employéesdans les professions de soins et de services du secteur public, les ommes dans le secteur privé. Les femmes ont des emplois sans responsabilités,alors que les hommes forment la majorité des cadres. La
position des femmes, telle que décrite, résulte également de la différence e rémunérations entre femmes et hommes. Les femmesgagnent entre 75 et 90 % du salaire des hommes.
Notre « Gender Equality Act » (« Loi sur l’Égalité emmes/hommes ») traite ces problèmes par des dispositions interdisantles discriminations sexuelles et des dispositions qui obligent les mployeurs à promouvoir cette égalité sur le lieu de travail, en coopérationavec les employés et par l’intermédiaire des syndicats.
Mais le principal problème pour les femmes sur le marché du travail ient du fait qu’elle prennent la plus grande part des responsabilitésliées aux enfants, et également celles liées aux plus âgés.
Il est de ce fait important que femmes et hommes bénéficient de a même façon des droits parentaux, ce qui est le cas en Suède, et queles pères soient encouragés à prendre leur part de responsabilité arentale. C’est non seulement bénéfique pour les femmes, mais égalementpour les pères ainsi que pour leurs enfants.
À l’heure actuelle, il existe un débat en Suède sur la possibilité de iviser de façon égale le congé parental entre père et mère, sans lapossibilité de transfert entre parents d’une partie de ce droit. De cette açon, les femmes ne seraient plus « spéciales » par rapport à unemployeur. Vous devriez aussi protéger de la même manière les emmes et les hommes avec enfants.Durant ces dernières années, le travail pour l’égalité f e m m e s / h o m m e s n Suède et dans les autres pays scandinaves s’est concentré sur desproblèmes abordant les hommes et cette égalité. Les trois principaux omaines visés sont la recherche sur la masculinité, les responsabilitésdes hommes vis-à-vis des enfants et du travail domestique ainsi que la iolence des hommes envers les femmes.Les hommes commencent à s’organiser pour faire avancer l’égalité emmes/hommes, et de plus en plus d’hommes prennent une part active dans cette tâche. Mais il reste encore un long chemin à parcourir.
Dans cette optique, je pense que l’initiative portugaise d’une résolution u Conseil de l’Union européenne portant sur la réconciliationdu travail et de la famille et sur l’approfondissement des droits paternels u parentaux est vraiment importante et doit être prolongée pardes mesures aux niveaux européen et national.
Partager la décision politique uant à la position des femmes dans la prise de décision politiqueen Suède, nous avons été très loin. Nous sommes onze femmes contre euf hommes. Le Parlement comporte environ 43 % de membresféminins. C’est le résultat d’un développement à long terme, d’une olonté et d’un engagement politiques forts, combinés avec de fortespressions venant de la base, en particulier venant de femmes, soit de
façon individuelle, soit d’organisations de femmes et de groupes éministes. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de la volonté politiqueet de l’engagement.
Mais dans d’autres domaines, beaucoup reste à faire. Par exemple, ans le secteur privé et dans l’éducation, la situation est embarrassante.Dans le secteur du commerce et de l’industrie, à peu près 8 % es cadres supérieurs sont des femmes. Dans le système éducatifsupérieur, à peu près 10 % des postes à haute responsabilité sont
dévolus aux femmes. De ce fait, les décisions dans ces secteurs sont ncore prises par des hommes.Que faisons-nous pour changer cette situation ?
Nous avons essayé les quotas, mais comme vous le savez peutêtre, a tentative de réserver trente postes de professeurs d’universitéà des femmes a été désavouée par la Cour européenne de Justice. n fait, la chose la plus importante à faire est de changer les attitudesparmi les responsables des nominations dans les universités,
pour leur faire comprendre qu’il existe autant de femmes qualifiées ue d’hommes pour ces postes. Je suis désolée de devoir le dire, mais dans l’état actuel des choses, cela doit être réalisé sous la contrainte.
Nous avons fixé des objectifs quant à la proportion de femmes, lié le espect de ces objectifs à l’octroi des budgets et demandé des rapportssur la réalisation de ces objectifs. Mais ces mesures doivent bien sûr tre combinées à une discussion sur le sens de l’égalité f e m m e s / h o m m e sdans la société. e voudrais conclure en disant qu’un pouvoir partagé entrefemmes et hommes est une fondation solide pour la démocratie et ’égalité, que le pouvoir signifie le pouvoir dans la famille, dans lemonde politique et dans les autres structures de décision de la société
et du marché du travail, que l’égalité femmes/hommes est une uestion qui concerne autant les hommes que les femmes et que nousdevons inclure les hommes dans les politiques d’égalité et de travail.
...Et ailleurs? 
 


">geeklifeblog

13.07.2006

Sommet UE–États Unis: l'UE et les États Unis intensifient la lutte commune contre la contrefaçon

Le ministre américain du commerce, Carlos Gutierrez, le vice président de la Commission européenne et commissaire à l'industrie, Günter Verheugen, ainsi que le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, lanceront, ce mardi 20 juin, un programme d'action commun UE–États Unis destiné à contrecarrer le piratage de la propriété intellectuelle à l'échelle mondiale. Le programme a été conçu en 2005 et sera entériné par le sommet UE–États Unis de Vienne du 21 juin. La stratégie commune adoptée consiste dans un important renforcement de la lutte mondiale contre la contrefaçon et le vol de propriété intellectuelle. Il s'agit du premier programme de ce type à être mis en place conjointement par l'UE et les États Unis pour assurer le respect de la législation.

 

Jean-Claude Juncker et George W. Bush

Günter Verheugen, vice président de la Commission de l'UE et commissaire à l'industrie, a déclaré: "Notre industrie ne pourra pas remporter la compétition mondiale avec des prix sacrifiés et des produits de basse qualité. La seule voie à suivre est celle de l'innovation, de l'invention et de la qualité. Lorsque des idées, marques ou produits sont volés, piratés et contrefaits, cette stratégie est cependant vouée à l'échec. C'est pourquoi l'UE et les États Unis ont uni leurs forces, afin de combattre plus efficacement le piratage des produits."
Peter Mandelson, commissaire européen au commerce, a précisé: "La question de la protection de la propriété intellectuelle est fondamentale pour la capacité de l'UE et des États Unis de soutenir la concurrence au sein de l'économie mondiale, car nos produits à haute valeur ajoutée sont à fort contenu intellectuel. L'intensification de la lutte pour le respect de la propriété intellectuelle requiert une stratégie commune, dotée d'un certain mordant."
Parmi les principales propositions convenues entre l'UE et les États Unis, figurent notamment des engagements pour:
• une coopération douanière plus étroite, englobant des actions coercitives aux frontières, menées en commun par les agents des douanes de l'UE et des États Unis afin de lutter contre le piratage intellectuel;
• des mesures communes visant à faire respecter la législation dans les pays tiers, y compris la création, au sein des ambassades de ces pays, d'équipes de diplomates européens et américains spécialement chargés de l'échange de données et de renseignements, ainsi que de tâches de surveillance communes;
• une collaboration fortement accrue avec le secteur privé, lequel se prononce résolument en faveur d'une meilleure protection de la propriété intellectuelle, dans la mesure où celle ci constitue la clé de la compétitivité de l'UE.

 

Jean-Claude Juncker, George W. Bush et Jacques Chirac


Les premiers efforts se concentreront sur la coopération avec la Chine et la Russie, mais l'UE et les États Unis ont également des intérêts majeurs en Asie, en Amérique latine et au Moyen Orient. Le programme a pour objectif d'aider les marchés émergents à intensifier leurs propres efforts pour faire face au vol de propriété intellectuelle.
La protection des droits de propriété intellectuelle n'est pas seulement un enjeu pour les pays développés. Les pays en voie de développement qui tolèrent l'existence d'une économie souterraine parallèle sur leur marché perdent vite la confiance d'investisseurs et de fournisseurs de services étrangers revêtant une importance vitale pour eux, ainsi que les transferts de technologie correspondants. Ils compromettent aussi le développement d'entreprises innovantes et créatives au cœur de leur propre économie. La garantie des droits de propriété intellectuelle est bénéfique à tous les acteurs de l'économie mondiale.
Un problème de plus en plus grave: pas uniquement de coûteux sacs à main…
Le nombre d'articles contrefaits saisis aux frontières de l'UE a augmenté de plus de 1000 % entre 1998 et 2004, passant de 10 millions en 1998 à plus de 103 millions en 2004. Dans les années 1980, 70 % de la contrefaçon concernaient des biens de luxe. En 2004, plus de 4,4 millions de faux produits alimentaires et de fausses boissons ont été saisis aux frontières de l'Union européenne, ce qui correspond à une augmentation de près de 200 % depuis 1998. La contrefaçon touche pratiquement tous les domaines de la production industrielle, qu'il s'agisse des pièces d'avions ou d'automobiles, des appareils électriques, des médicaments ou des jouets.
Le commerce des médicaments contrefaits connaît également une rapide progression: en 2004, il représentait presque 10 % du commerce mondial de médicaments (voir aussi IP/06/375). L'année dernière, 800 000 faux médicaments ont été saisis aux frontières européennes. La majeure partie de ces médicaments est à destination des pays les plus pauvres du monde.

Géopolitique du chéquier

Example

"Il est de notre pouvoir de recommencer le monde. Une situation semblable ne s'est pas présentée depuis l'époque de Noé", avait écrit Thomas Paine dans ce Common Sense qui allait devenir, en 1776, le détonateur de la révolte des treize colonies américaines. Effectivement, tout est à recommencer quand on songe à la prise de fonction de Paul Wolfowitz en juin 2005 à la tête de la Banque Mondiale. Toutefois, j'ai pour habitude de penser contre moi-même et ce n'est finalement pas si catastrophique qu'il y parait. La gaffe de Condoleezza Rice sur la «merveilleuse occasion» qu'offrait le tsunami de déployer la bonne foi américaine prouve le regain d'intérêt de Washington pour les questions de développement, ne serait-ce que sur le plan doctrinaire. A mon sens, la nomination de Wolfowitz en est une illustration supplémentaire.

Quelle est la situation aujourd'hui? Les USA distribuent des fonds aux organismes de microcrédit comme la Fondation Zakoura, des ONG américaines dispensent des formations à la prise de parole en public à des parlementaires marocains, etc. Mais tout cela manque cruellement d'envergure. Je sais bien que les Etats-Unis financent à plus de 80% le Programme Alimentaire Mondial, ce faisant il nourrissent des palestiniens tous les jours. La Banque Mondiale dispose d'une force de frappe financière considérable : plus de vingt milliards de dollars pour 158 programmes dans 62 pays cibles. La plupart des observateurs disent clairement leur crainte que celui que la très sérieuse revue The Economist a promu Velociraptor d'un Jurassic Park néoconservateur ne politise les prêts et leurs conditions d'octroi. On y reviendra.

Certes, la lutte contre la pauvreté et les inégalités est un objectif noble mais - d'un certain point de vue - improbable. Je me souviens d'une expérience décrite par Bernard Werber dans Les Fourmis : on met des groupes de 3 rats dans plusieurs cages. Dans chacune, un plan d'eau sépare les rats de l'embouchure où arrive leur nourriture : ils sont obligés de nager pour la récupérer quotidiennement. On constate que le même schéma est à l'oeuvre : il y a toujours un rat dominant qui ne se mouille jamais, un rat chétif qui nage pour nourrir le premier sous peine de se faire martyriser et enfin un rat qui mange ce qu'il rapporte et qui lutte sans cesse pour son autonomie. La même expérience a été réalisée mais uniquement avec des rats chétifs et le résultat demeure invariable : après une phase d'adaptation, la même structure sociale inégalitaire (voire féodale) se met en place dans l'ensemble des cages.

C'est dire que le combat de la Banque Mondiale est tout relatif, voire générateur d'instabilité à court terme. Et là, je pense au déracinement mental qu'occasionne la généralisation de l'enseignement secondaire (une des réalisations majeures de la vénérable institution). Quand vous apprenez (au sens : les mettez au courant brutalement via l'école ou la tv) à une classe d'âge entière que le Savoir contrarie souvent la Foi (évolutionisme/créationisme, contraception/chasteté, concubinage/mariage, philosophie/religion, etc) et que le périmètre de l'Humain va en se modifiant au contact de la technologie (cf. Truth is only skin deep), il ne faut pas s'étonner des crispations identitaires qui en résultent naturellement.

On évoque partout le choc des civilisations comme une guerre des valeurs et des religions. Ce n'est pas exactement ce qu'explique Huntington : il affirme plutôt qu'il existe un lien entre les transitions démographiques et la violence politique. Empiriquement, la plupart des épisodes violents dans une société donnée semblent survenir dans une zone située entre quatre et deux enfants par femme. Il écrit : "Young people are the protagonists of protest, instability, reform, and revolution. Historically, the existence of large cohorts of young people has tended to coincide with such movements. For instance, the proportion of youth rose in the 1920s providing recruits to fascists and other extremist movements. Four decades later the post-WWII baby boom generation made its mark politically in the demonstrations and protests of the 1960s. It is not perhaps entirely coincidental that the proportion of youth in the Iranian population rose dramatically in the 1970s, and that the Iranian Revolution occured in 1979 or that this benchmark was reached in Algeria in the early 1990s just as the islamist FIS was winning popular support and scoring electoral victories. Also, the rapid expansion of literacy in Arab societies creates a dissociation between knowledge and power, likely to put a strain on political systems." Voilà pourquoi - jusqu'à un certain point - je ne pense pas que la politisation des prêts de la Banque Mondiale soit une si mauvaise chose.

Qui est Paul Wolfowitz, à part celui que Michael Moore a montré en train de lécher son peigne pour mieux coiffer ses rares cheveux? L'homme est un ancien démocrate, parle six langues, a servi sous sept présidents et se fait traiter de rightwing lunatic à chaque coin de rue. Pourtant, il est l'auteur d'une thèse à l'Université de Chicago s'opposant mordicus à l'acquisition de l'arme nucléaire par l'Etat hébreu. Ce prétendu «dévot du sionisme» a subi, en 2002, les hués de milliers de supporters de Sharon à Washington pour avoir mentionné la "souffrance du peuple palestinien" dans son discours.

En 2000, peu de temps avant la première victoire de George W. Bush, dans un article du National Interest, il écrit : "Il s'agit de démontrer que vos amis seront protégés et aidés, vos ennemis punis, et que ceux qui vous refuseront leur aide ne cesseront de le regretter". Cette semaine, un énième officiel américain - David Welch, US Assistant Secretary of State for Near Eastern Affairs - a déclaré : "Morocco is a model for countries in the region". Espérons que le nouveau président de la Banque Mondiale relira ses notes avant son entrée en fonction ; je n'en doute pas. Cerise sur le gateau : Paul Wolfowitz est marié à une certaine Shaha Ali Riza, féministe britannique d'origine tunisienne, chargée des droits des femmes arabes... à la Banque Mondiale.

12.07.2006

Le Kremlin contre le reste du monde ?

écurité énergétique, terrorisme, maladies infectieuses ou éducation seront au menu du G8 2006. Trouver un consensus ne sera pas chose facile.


Du 15 au 17 juillet 2006, les dirigeants du groupe des 8 - Canada, USA, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Russie et Japon, accompagnés d'une délégation de l'UE - vont se rassembler en terres russes pour leur rendez-vous annuel. Plusieurs événements auront marqué 2005 : la crise de l'énergie entre la Russie et l’Ukraine, les problèmes au Moyen-Orient, mais aussi la peur suscitée dans le monde entier par le virus de la grippe aviaire. Poutine a déjà adopté des positions controversées sur nombre de ces thèmes. Saint- Pétersbourg, la plus européenne des villes russes, risque de ne pas être aussi accueillante que d'ordinaire.

Les prix du pétrole à nouveau haut perchés

 
 
 

Les prix du pétrole repartaient légèrement à la hausse hier mardi après deux jours de repli consécutifs aux records de vendredi, alors que les facteurs de soutien restent nombreux sur le marché. A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en août prenait 6 cents à 73,67 dollars, lors des échanges électroniques. A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord progressait de 23 cents à 73,12 dollars sur l'échéance d'août.

Les cours avaient atteint des records historiques en séance vendredi, à 75,78 dollars à New York et 75,09 dollars à Londres. Ces pics ont déclenché des prises de bénéfices qui ont duré jusqu'à la fin des opérations lundi et ont fait perdre jusqu'à 3 dollars aux cours. Le marché semblait renouer avec la tendance haussière qui le caractérise, corrections mises à part, depuis la mi-juin.

En dehors des facteurs techniques, les cours avaient reculé depuis vendredi grâce à un léger apaisement des tensions entre l'Iran et la communauté internationale. Les prix restaient d'ailleurs fermement soutenus par la convergence de nombreux facteurs haussiers : outre la question nucléaire iranienne, les tensions géopolitiques demeurent en Irak, au Nigeria ou en Corée du Nord.

La demande d'essence américaine est à des sommets et la saison des ouragans constitue une épée de Damoclès pesant sur les installations pétrolières du golfe du Mexique, qui se remettent péniblement du passage de l'ouragan Katrina. Si aucune tempête n'a encore fait de dégâts cet été, les opérateurs se souviennent que cet ouragan avait propulsé les prix à des records historiques en ravageant les installations pétrolières du golfe du Mexique à la fin du mois d'août de l'année dernière. Les stocks d'essence pourraient avoir reculé d'entre 250.000 et 300.000 barils, selon les estimations moyennes des analystes.

De même les stocks de brut pourraient avoir reculé d'environ 1,5 million de barils.
Les opérateurs seront particulièrement attentifs aux niveaux des réserves d'essence car la demande américaine est proche de ses plus hauts historiques à 9,645 millions de barils par jour la semaine passée, ce qui tire les prix du brut vers le haut.

L'économie mondiale a bien mieux résisté que prévu à la spirale de hausse des cours du pétrole. Le Fonds monétaire international (FMI) a ainsi revu en hausse ses prévisions de croissance mondiale à 5% pour les années 2006 et 2007.
Mais si la vigueur économique est en grande partie responsable du haut niveau actuel des prix du brut, c'est l'agitation géopolitique qui a déclenché leur envolée à des records historiques.

Depuis deux ans, les cours du brut ont doublé, atteignant en fin de semaine dernière un nouveau record historique de 75,78 dollars. Et une décrue paraît hypothétique sur des marchés emballés. Toutes les variables de court terme font peser un risque haussier sur les prix, et ce sont des variables qui peuvent se concrétiser littéralement du jour au lendemain, font valoir les experts. Certains vont même jusqu'à dire que «la seule chose qui pourrait calmer les prix dans le contexte actuel serait une récession économique, qui diminuerait la demande au point de faire baisser les prix».

Top World Oil Producers, 2004*
(OPEC members in italics)

 

Country

Total Oil Production**
(million barrels per day)

1)

Saudi Arabia

10.37

2)

Russia

9.27

3)

United States

8.69

4)

Iran

4.09

5)

Mexico

3.83

6)

China

3.62

7)

Norway

3.18

8)

Canada

3.14

9)

Venezuela

2.86

10)

United Arab Emirates

2.76

11)

Kuwait

2.51

12)

Nigeria

2.51

13)

United Kingdom

2.08

13)

Iraq

2.03

*Table includes all countries total oil production exceeding 2 million barrels per day in 2004.
**Total Oil Production includes crude oil, natural gas liquids, condensate, refinery gain, and other liquids.

Top World Oil Net Exporters, 2004*
(OPEC members in italics)

 

Country

Net Oil Exports
(million barrels per day)

1)

Saudi Arabia

8.73

2)

Russia

6.67

3)

Norway

2.91

4)

Iran

2.55

5)

Venezuela

2.36

6)

United Arab Emirates

2.33

7)

Kuwait

2.20

8)

Nigeria

2.19

9)

Mexico

1.80

10)

Algeria

1.68

11)

Iraq

1.48

12)

Libya

1.34

13)

Kazakhstan

1.06

14)

Qatar

1.02

*Table includes all countries with net exports exceeding 1 million barrels per day in 2004.

 

11.07.2006

le dessous des cartes - usa politique etrangere LES TROIX VOLUMES

LA GEOPOLITIQUE DU PETROLE EN DEBAT

Depuis les années 1930, on entend dire souvent que le pétrole c’est 10% d’économie et 90% de politique. Le choc pétrolier du début des années 1970, plusieurs guerres livrées pour et par le pétrole, ainsi que le prix du brut qui «flambe» depuis 2004, notamment sous la pression de tensions géopolitiques, semblent confirmer cette formule. Le baril a même dépassé le prix record de 70 dollars, mettant ainsi en exergue les enjeux considérables et les tensions sur les marchés pétroliers. Cette géopolitique des hydrocarbures révèle le poids déterminant sur la scène internationale des acteurs traditionnels, compagnies et pays producteurs, mais aussi des nouveaux venus dans le club des grands pays consommateurs. Plus que jamais, les grands enjeux de la sécurité des approvisionnements et des infrastructures sont déterminants. Car les menaces terroristes s’ajoutent désormais aux capacités incertaines des différents acteurs à répondre à la demande croissante pour cette énergie qui fait tourner le monde depuis plus d’un siècle.

 

Philippe Sébille-Lopez, consultant spécialiste en géopolitique et en analyse risque pays au sein du cabinet Géopolia qu’il a fondé, livre un texte éclairant d’un regard global sur l’évolution des relations internationales à travers ces géopolitiques du pétrole, qui peuvent expliquer et/ou préfigurer bien des conflits. L’intérêt majeur de cet ouvrage unique en son genre réside dans le lien subtil que l’auteur, fin connaisseur de ces questions, nous propose d’analyser entre une description fine des enjeux planétaires de puissances et affirmations politiques régionales, et leur poursuite à travers un tour du monde des zones majeures de production, le long de ces «routes du pétrole» où se déroulent de grandes manœuvres, plus stratégiques que jamais entre acteurs étatiques, compagnies pétrolières transnationales et intérêts politiques et financiers mondialisés.

 

Les enjeux en cours, du Venezuela à la Russie, de la Caspienne au golfe arabo-persique, de la Méditerranée au golfe de Guinée, qui intègrent bien sûr les Etats-Unis et la Chine, dépassent en effet, largement les seules conséquences immédiates au plan économique liée à la flambée des cours. Ils se prolongent avec la sécurité des approvisionnements à partir des zones de production, jusqu’aux grands pays consommateurs. Ces questions expliquent autant qu’elles préfigurent l’instabilité politique et militaire croissante qui agite certaines zones de la planète.

La fin inévitable de la manne pétrolière requiert aussi une réflexion prospective que nous propose l’auteur, au terme d’une analyse complète des rapports de forces politiques et économiques, qui oscille entre politiques étrangères officielles et diplomaties parallèles parfaitement huilées. Pressions, tensions, menaces, tractations, nouvelles alliances, ruptures et conflits potentiels : les motivations complexes de ces acteurs multiples sont ainsi parfaitement expliquées, cartes et chiffres récents à l’appui.

09.07.2006

Transmission de la politique monétaire dans les PECO:

La récente adhésion à l’union européenne (UE) de dix nouveaux membres, dont huit pays d’Europe Centrale et Orientale1 (PECO) est source d’interrogations essentielles, aussi bien pour les nouveaux membres que pour la zone euro elle-même. Du côté de la Banque Centrale Européenne (BCE), la pertinence de la cible d’inflation « proche de 2% à moyen terme » peut se voir remise en cause pour la future zone euro élargie. En effet, en dépit d’une décélération considérable du rythme de hausse des prix depuis la phase aigue de la transition, un surcroît d’inflation découlant du rattrapage économique est susceptible de demeurer lors de l’adoption de l’euro. Selon Bénassy-Quéré et Lahrèche-Révil (2001), ce phénomène pourrait accroître l’inflation moyenne de la zone euro de 0,25 à 0,75 point. Afin de respecter son mandat, la BCE se verrait alors contrainte de mener une politique monétaire restrictive, dont les possibles incidences déflationnistes viendraient compromettre le processus de convergence réelle des nouveaux entrants.

Plus généralement, une connaissance précise des mécanismes de transmission de la politique monétaire au sein des PECO s’avère cruciale pour la bonne mise en oeuvre de la stratégie de politique monétaire de l’Eurosystème. Il ne s’agit pas évidemment pour nous de spéculer sur le devenir de ces mécanismes une fois l’intégration monétaire achevée. Taylor (1994) souligne néanmoins que toute modification fondamentale du régime de politique monétaire s’accompagne d’une période de transition. Le processus d’apprentissage requis par cette dernière vient alors souligner que la mutation des mécanismes de transmission à l’issue de l’intégration monétaire ne se matérialisera que très progressivement. Par conséquent, l’étude empirique de l’état actuel de ces mécanismes dans ces pays demeure une source pertinente d’informations sur la transmission des actions de politique monétaire lors de la mise en place de l’euro, notamment du fait d’environnements macroéconomiques nationaux désormais stabilisés pour l’essentiel.

 

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20.05.2006

RDC: Un immense pays sans réseau routier



©  David Hecht/IRIN

Le pilote missionnaire Dave Jackobsen à Bolga, dans le district de l'Ituri

KINSHASA, le 11 juillet (IRIN) - L’ONU dispose de la plus importante flotte aérienne en Afrique pour le transport des Casques bleus et des équipements en République démocratique du Congo (RDC).

Mais à l’approche des élections présidentielles qui se tiendront le 30 juillet, l’acheminement de centaines de tonnes de matériel électoral et de milliers d’agents vers les bureaux de vote semble représenter une tâche titanesque, d’autant plus que la capacité de flotte existante ne permet pas d’apporter aux milliers de Congolais nécessiteux l’aide humanitaire dont ils ont besoin.

La nature a doté le pays d’un moyen transport permettant d’aller d’un bout à l’autre du territoire : le puissant fleuve Congo. Long de 4 374 kms, il arrose la Zambie voisine, au sud, remonte vers le nord puis vers l’ouest pour se jeter dans l’océan Atlantique.


Ce port n'est pas pratique, explique Constantinos Phillis, patron de la TFCE, une société de transport maritime sur le fleuve Congo

Mais pour Constantinos Phillis, un Belgo-grec qui dirige la TFCE, une société de transport maritime de 30 barges et de remorqueurs installée au port de Kinshasa, ses barges s’enlisent dans les bancs de sable parce qu’il n’y a pas eu de dragage du fleuve depuis plusieurs décennies.

Par ailleurs, les nombreux points de contrôle installés par le gouvernement posent également problème. Il faut normalement 15 jours pour parcourir les 1 000 Kms qui séparent Kinshasa de Kisangani, dans le nord-est du pays, explique-t-il ; mais avec pas moins de vingt points de contrôle, cela prend deux fois plus de temps.

« Le temps est précieux », renchérit Phillis. Et quand on tient compte des dangers de la navigation sur le fleuve Congo, la voie maritime n’est certainement pas la meilleure solution pour fournir une aide alimentaire d’urgence aux populations déplacées par les conflits, ou convoyer des Casques bleus et du matériel pour mettre fin aux violences.

Qu’en est-il des voies terrestres ? Pour Michel Bonardeux, porte-parole de la MONUC, la Mission des Nations unies en RDC, « les Belges ont laissé un réseau routier qui n’a pas été entretenu et qui est aujourd’hui totalement délabré. Atteindre une région par la route peut prendre des jours voire des semaines.

Transport du matériel électoral : opérations de chargement à l'aéroport de Kinshasa

« Quant aux chemins de fer, construits par l’ancienne puissance coloniale, eux aussi ont souffert du manque d’entretien, ce qui explique qu’il faut près de deux semaines pour se rendre de Lubumbashi [la ville située à l’extrême sud du pays] à Kananga [au centre] ».

« En conséquence, la MONUC a mis sur pied une flotte impressionnante d’avions et d’hélicoptères comprenant notamment des hélicoptères gros porteurs de type MI-26, capables de transporter près de 20 tonnes de fret. Il n’existe pas d’aéroports ou de pistes d’atterrissage fonctionnels dans le pays. Nous avons également de véhicules blindés de transport de troupes. Nous transportons des vivres, de l’eau bien souvent, des générateurs électriques – du fret extrêmement lourd, notamment du matériel de construction pour les bases militaires », explique M. Bonardeux.

Sur le tarmac de l’aéroport de Kinshasa sont garés de vieux avions à hélices peints en jaune et rouge. Mais à quelques minutes à pied de là, c’est une toute autre flotte qu’on découvre. D’imposants avions cargos, des hélicoptères de transport de troupe et de combat, des avions privés, tous peints en blanc et frappés de deux lettres du sigle UN (Nations unies).

Vol à risque : embarquement de fret et de passagers à l'aéroport de Mbuji Mayi


Le Major William Longwe, coordonnateur des vols de la MONUC, est chargé de la planification et du suivi des vols de la MONUC dans l’espace aérien de Kinshasa.

Avec plus de 100 avions, la MONUC dispose de la flotte onusienne la plus importante au monde. Cette flotte est également plus importante que toutes les flottes des compagnies aériennes africaines, y compris celle de la South African Airlines.

Sur les 1,1 milliards de dollars du budget annuel de la MONUC, près de la moitié est consacrée à l’entretien de la flotte et à l’achat de carburant. Les avions servent non seulement au transport des troupes et de l’équipement, mais aussi à l’acheminement de milliers d’agents électoraux et de centaines de tonnes de matériel dans les régions.

Toutefois, la plus grande flotte aérienne d’Afrique ne dispose pas d’assez d’avions pour acheminer l’aide alimentaire dont ont besoin plus de deux millions de déplacés ou pour intervenir dans les nombreuses crises humanitaires qui secouent le pays.

Bien souvent, les travailleurs humanitaires ont des difficultés à trouver des places disponibles sur les vols de l’ONU. Ils doivent alors compter sur l’aide de certains pilotes comme Dave Jackobsen qui se rend dans le village reculé de Bolga, dans la région très instable de l’Ituri, au nord-est de la RDC. Sa mission principale, avoue-t-il, est de prêcher la parole de Dieu.

« Nous sommes des pilotes missionnaires ».


Pas de réseau routier dans le district de l'Ituri, à 100 kms au nord de la capitale Bunia

Sa mission aujourd’hui consiste à livrer des stocks de médicaments. Certaines grandes organisations humanitaires telles que le Programme alimentaire mondial (PAM) qui a récemment procédé à un largage de vivres dans le nord Katanga, possèdent des avions ou en louent pour leurs opérations.

Mais les autres agences de l’ONU et la plupart des organisations non-gouvernementales, doivent compter sur les compagnies aériennes comme Mission Aviation Fellowship, une société à but non lucratif qui, bien que travaillant pour des agences humanitaires, facture ses services.

« Nous facturons généralement les agences humanitaires un peu plus cher que les missions ou les églises. Lorsqu’un missionnaire souhaite aller d’une région à une autre, je lui indique le prix du billet. S’il est par exemple de 300 ou 400 dollars, je ne lui fais payer que 50 dollars. Il est important que ce missionnaire aille porter la bonne parole parce qu’on est là pour ça », explique M. Jackobsen.

Et le prix des billets pour le rachat des âmes est parfois moins élevé que celui qu’il faut payer pour sauver des vies humaines, mais bien trop bas pour les compagnies privées qui tentent de concurrencer les sociétés à but non lucratif, commente Simon Evens, un pilote canadien de la TMK, une petite compagnie belge travaillant dans l’est du de la RCD.

« Il est difficile dans ces conditions que d’autres compagnies s’installent ici. Personne d’autre ne veut prendre le risque de démarrer une activité », ajoute-t-il.


Moyen de transport local : une pirogue sur le fleuve Congo, près de Kisangani

Les compagnies aériennes prennent de grands risques en travaillant au Congo, explique Evens. On enregistre parfois deux accidents par semaine dans lesquels sont impliqués des avions bien entretenus.

« Il n’y a pas de contrôle aérien. Il n’y a aucune réglementation et lorsque la météo n’est pas bonne, des avions de compagnies reconnues se sont écrasés dans les montagnes alentours ».

Les risques liés à la navigation aérienne et le prix des billets d’avion font de la RDC le pays où le coût de l’assistance humanitaire est le plus élevé au monde, commente Bonardeux.

« En tant que bailleur, on peut s’interroger sur l’intérêt de parcourir par avion un ou deux mille kilomètres pour livrer des vivres. Comment expliquer qu’un sac de farine qui coûte à la base 8 dollars revient à 25 dollars à la livraison. Les organisations non gouvernementales et les agences de l’ONU auront bien du mal à convaincre les bailleurs de donner plus pour le transport des vivres », renchérit Bonardeux.

Si, à l’issue des élections, le prochain gouvernement est démocratiquement élu et que les groupes armés ne reprennent pas les combats, il sera possible d’investir en priorité dans la réfection des routes, des chemins de fer et dans le dragage du puissant fleuve Congo.

Bien entendu, cela prendra des années, mais en attendant, les bailleurs devront continuer à payer le prix fort pour venir en aide aux millions de Congolais nécessiteux.

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