04.01.2007
Planete offshore
Rightsourcing, rightshore, bestshore. Quel que soit le nom que lui donnent respectivement Unilog, Capgemini et GCI, il s'agit du même concept. A savoir, la capacité, pour une SSII, de proposer, au meilleur coût, la meilleure compétence où qu'elle se trouve sur la planète. Combien me coûtent « n » développeurs J2EE en fonction de leur localisation et de leur prix de revient, par exemple. Ce concept s'appuie sur la notion de modèle de livraison de services global (ou Global Delivery Model).
Afin de répondre au mieux aux appels d'offres internationaux, tous les ténors du service se sont lancés dans une course effrénée à la globalisation. Une SSII indienne comme Infosys est présente en Chine, mais aussi en République tchèque ou à l'Ile Maurice, faisant fi des langues et des fuseaux horaires. Nos champions nationaux ne sont pas en reste. En acquérant Kanbay, Capgemini porte à 12 000 le nombre de ses collaborateurs en Inde et envisage d'y employer 35 000 informaticiens d'ici à 2010. Soit plus du triple de son effectif hexagonal actuel. Entre ces SSII globales et les SSII locales, mais aussi les sociétés pivots qui jouent les intermédiaires et les formules de joint-venture ou de location-achat d'équipes délocalisées, les opportunités, pour une entreprise, de pratiquer l'offshore sont légion.
Reste à définir le pays prestataire, sachant que la France cultive une nouvelle exception culturelle. Alors que l'Inde et ses 150 000 nouveaux informaticiens formés par an accaparent près de 9 milliards de dollars de services offshore d'un gâteau mondial estimé par IDC à 11,9 milliards, le sous-continent n'a pas le même attrait en France qu'aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni. Menée en décembre 2005, une étude de Pierre Audoin Consultants (PAC) montre une répartition équilibrée des destinations offshore à partir de la France entre l'Europe du Sud (30 %), l'Inde (25 %), l'Europe de l'Est (15 %) et le Moyen-Orient/Afrique (18 %).
Chiffrer les coûts cachés
Jouant sur la proximité à la fois géographique, linguistique et culturelle, l'Hexagone constitue son écosystème, comme l'ont fait les Etats-Unis avec le Canada et l'Inde. Un univers qui favorise notamment la Roumanie, désormais membre de l'Union européenne. Mais aussi le Maghreb, et particulièrement le Maroc qui, comme le note Syntec Informatique dans son document de position sur l'offshore, « essaie de transposer dans l'informatique sa réussite dans le domaine des centres d'appels » . Sans oublier des destinations plus exotiques telles que Madagascar et l'Ile Maurice.
Au-delà de la langue et du salaire, d'autres indicateurs sont à prendre en compte. Il s'agit de chiffrer les coûts cachés (envoi d'expatriés, actions de formation supplémentaire, turnover...), mais aussi de mesurer les risques, qu'ils soient d'ordre géopolitique (régime politique, inflation...) ou juridique (droit sur la propriété intellectuelle). Une analyse qui avantage, cette fois, une destination pionnière comme l'Inde, aux outils et à la méthodologie éprouvés.
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Afrique
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Francophonie oblige, l'Afrique présente deux pôles d'intérêt. D'un côté, le Maghreb avec la Tunisie et, surtout, le Maroc. De l'autre, l'océan Indien avec les îles de Madagascar et de Maurice. Connues pour les centres d'appels, ces destinations ont étendu leur offre à l'offshore des nouvelles technologies.
Europe de l'Est
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Si les réductions de coûts ne sont pas aussi significatives qu'en Asie ou en Afrique, des destinations comme la Hongrie, la République tchèque ou la Roumanie profitent de leur appartenance à l'Union européenne.
Asie
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L'Inde et ses plus de 20 ans de pratique est « la » destination offshore du village mondial. La barrière linguistique reste toutefois un frein, en France. Derrière, émergent la Chine et son vivier inépuisable de compétences, ainsi que des destinations plus exotiques comme les Philippines ou la Thaïlande.
Moins de 2 %
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Telle est la part de l'offshore dans le chiffre d'affaires des SSII françaises, estimé en début 2006 par Syntec Informatique. Elle devrait atteindre près de 5 % en 2009.
Environ 150 000
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ingénieurs informaticiens sont formés chaque année en Inde.
9 085 $
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selon NeoIT, c'est le salaire annuel d'un informaticien junior en Roumanie, contre 46 194 $ aux Etats-Unis et 5 715 $ en Inde.
[ AFRIQUE ]
Casablanca, la francophone
Du Maghreb à l'océan Indien, les destinations africaines attirent de plus en plus les entreprises françaises. Avec, cependant, un avantage marqué pour Casablanca.
L'Afrique de l'offshore informatique a deux pieds. L'un au Maghreb, l'autre dans l'océan Indien. Tunisie et Maroc d'un côté, Madagascar, île Maurice, et Réunion de l'autre. Voilà les destinations préférées des entreprises françaises. Tout logiquement, ce sont aussi les régions les plus francophones du continent africain.
Connu depuis des années pour son savoir-faire en matière de centres d'appel, le Maghreb s'attaque à la prestation informatique et attire dorénavant des projets de développement et de tierce maintenance applicative (TMA). Avec des équipes grandissantes, surtout au Maroc.
Considérée comme une destination phare de l'offshore français, Casablanca arrive largement en tête des implantations au Maghreb. Le grand programme lancé par le gouvernement marocain - Emergence 2010 - porte donc ses fruits.
Les plus grands acteurs français sont déjà implantés ou ont réservé un espace dans le nouveau complexe Casashore, qui sera livré à la mi-2007. Des bureaux à 7 euros le mètre carré, des exonérations fiscales à la clé, etc. : tout est fait pour attirer les Européens - Français et Espagnols en tête. Avec des salaires deux fois moindres qu'en France, le Maroc fournit, en outre, d'excellents ingénieurs, dont un grand nombre a été formé en France.
Tunisie versus Maroc...
Concernant la Tunisie, elle attire par la qualité de ses ingénieurs, mais aussi par son système éducatif en général, connu pour son élitisme. Selon ses adeptes, elle a pour principaux atouts d'être plus francophone et moins concurrentielle que le Maroc.
Madagascar... et Maurice versus
A l'autre extrémité du continent africain, la même concurrence oppose Madagascar et l'île Maurice. Cette dernière se veut « la plate-forme offshore de l'océan Indien. Mais Madagascar commence à bouger », constate Michel Brocq, dirigeant de MB Conseil, un prestataire spécialiste de la région. « Ce qui lui manque, c'est la connaissance des entreprises et des projets. » Une lacune qui devrait être, dans un avenir proche, vite comblée.
Autre différence d'envergure entre les deux îles : les technologies pratiquées. Maurice s'accapare les nouvelles - Java, J2EE, et.Net - tant pour les projets de développement que pour la tierce maintenance applicative (TMA), les conversions, ou encore les migrations. Madagascar, elle, serait davantage orientée « anciennes » technologies, principalement mainframes et Pacbase. Des technologies boudées par les diplômés français. Reste à former davantage d'ingénieurs malgaches.
D'un côté comme de l'autre de l'Afrique, les atouts invoqués sont finalement similaires. Avant même les savants calculs de prix de revient, c'est la proximité culturelle qui fait l'unanimité. Principalement auprès des PME françaises, pour lesquelles ces destinations sont davantage accessibles.
Le Maghreb conserve toutefois la préférence des sociétés. Non seulement pour sa proximité géographique, mais aussi pour l'appui des gouvernements, qui confère aux offres un gage de sérieux. Par le passé, en effet, les Français ont parfois pâti de prestataires locaux peu fiables. Ce temps est désormais révolu. D'autant que les plus grandes SSII françaises se sont implantées dans cette région et y ont créé leurs propres filiales locales. Un signe fort de maturité, ce sont aujourd'hui des autochtones qui, progressivement, prennent les rênes de ces nouvelles entreprises.
D'autres destinations existent sur le continent. Par exemple, l'Afrique du Sud, où s'est implantée Accenture, ou, en zone francophone, le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Cameroun. De nouveaux eldorados en perspective ?
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Effectif
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Le Maroc a la capacité de former 5 000 diplômés par an. Parmi les principales écoles, on peut citer l'Ecole Mohammedia d'ingénieurs, l'Ecole nationale supérieure d'informatique et d'analyse de systèmes, l'Ecole polyvalente supérieure d'informatique et d'électronique, et l'Ecole supérieure en ingénierie de l'information, télécommunications et management.
Implantation des sites
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Casablanca, mais aussi Rabat et Marrakech.
Acteurs
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Les SSII françaises implantées : Atos, Unilog, GFI, SQLI, et, prochainement, Capgemini.
Prestations proposées
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Pas de spécialisations à proprement parler. Les prestataires tablent davantage sur l'opportunisme en fonction de la demande client. Les développements et la TMA sur les PGI sont fréquents, mais les nouvelles et les anciennes technologies sont également abordées.
De la Hongrie à la Russie, les contrées les plus froides du Vieux Continent attirent et rassurent les SSII et DSI français. Intégration européenne oblige, les coûts évoluent toutefois à la hausse.
Xavier Biseul, Corinne Zerbib et Clarisse Burger , 01 Informatique, le 03/01/2007 à 07h00
La guerre froide n'est plus qu'un lointain souvenir. L'Europe de l'Est, Russie comprise, constitue aujourd'hui une destination prisée des SSII et des DSI français en quête de plates-formes offshore. La cause première de cet engouement est à chercher du côté de la stratégie de développement des groupes français, qui ont créé là-bas de nombreuses usines - principalement en Roumanie et en Pologne. « Nous allons là où nos clients français s'installent » , affirme Jean-Luc Bernard, PDG du groupe Astek, prestataire spécialisé dans l'externalisation de la R&D et les systèmes d'information. Comme lui, d'autres sociétés de services accompagnent les grands industriels hexagonaux que sont France Télécom, Renault ou Schneider dans leur ruée vers l'Est.
Proximité et discrétion
De là à profiter du déplacement pour créer une plate-forme offshore, il n'y a qu'un pas. EDS l'a franchi depuis quelques années déjà. Un millier de personnes travaillent pour lui à Budapest et le géant américain prépare l'ouverture d'un autre centre en Pologne. Un exemple parmi de nombreux autres, mais remarquable par son volume, car ses homologues raisonnent plutôt en dizaines de postes. Au contraire de l'Asie, l'Europe de l'Est convient particulièrement aux contrats « à taille humaine » , émanant souvent des PME.
Ainsi, l'Europe de l'Est et la Russie sont particulièrement réputées pour leur excellence dans les matières scientifiques. Mathématiques et programmation de pointe n'ont pas de secret pour ces Européens, certes faiblement rémunérés, mais dont les cursus de formation initiale n'ont rien à envier aux nôtres, ni d'ailleurs à ceux de leurs concurrents indiens. Pour autant, les principaux critères invoqués dans le choix de ces pays par les DSI et SSII français sont à rechercher ailleurs.
Ni les tarifs ni les niveaux d'études ne figurent au premier rang. En Europe de l'Est, on est tout simplement... européen. Et donc proche sur les plans géographique - une visite peut se dérouler dans la journée - et, surtout, culturel. Cette fameuse culture du Vieux Continent reste un facteur de choix décisif. Notamment de la part des grandes banques françaises, pour lesquelles la confidentialité des données constitue une contrainte majeure. La Roumanie reste une destination privilégiée en raison de son penchant historique pour la langue française, toujours largement enseignée à l'école.
Des salaires à la hausse
Les économies sont bien au rendez-vous. Mais elles ne sont pas aussi significatives qu'en Asie ou en Afrique. De l'ordre de 30 % en moyenne, bien loin des quelque 60 % souvent annoncés en Inde. D'autant que, programmée ou acquise, l'intégration dans l'Union européenne ne peut que niveler les salaires par le haut.
Il n'empêche. « Des entreprises préfèrent payer un peu plus cher pour garder les ressources à portée de main » , analyse Chafik Sabiry, directeur de l'offre offshore d'EDS France. Un exemple ? Après avoir visité plusieurs pays et continents, un nouveau client vient de choisir Budapest. Il préfère, en effet, rester en Europe pour conserver la confidentialité, la sécurité et le cadre législatif.
Développement de logiciels, tierce maintenance applicative et gestion d'infrastructures se côtoient allégrement dans ces pays. Avec tout de même une dominante. « La République tchèque et la Pologne sont actuellement les principales destinations pour les activités liées à l'exploitation » , estime Compass Management Consulting.
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Effectif
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La Roumanie forme 6 000 ingénieurs diplômés par an. Principales écoles : l'Institut polytechnique de Bucarest (Politehnica), l'université Titu Maiorescu, l'université de Craiova, l'Asachi Technical University of Iasi.
Implantation des sites
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Bucarest, Timisoara, Constanta et Brasov.
Acteurs
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Parmi les SSII roumaines ou les sociétés pivots, on peut citer Prosoft, Azentis, Partenium, Kepler Rominfo, ou Softorigin. Et pour les SSII occidentales présentes : C&S, Pentalog, EDS, Axway (Sopra Group), Beler, etc.
Prestation proposées
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Développement de nouvelles technologies, Unix, open source, portage et migration de bases de données, création et refonte de sites internet-intranet, design web, hébergement.
[ L'OFFRE DU MARCHÉ ]
La concurrence est désormais mondiale sur les compétences IT
Xavier Biseul, Corinne Zerbib et Clarisse Burger , 01 Informatique, le 03/01/2007 à 07h00
Le vivier inépuisable de l'Asie
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(1) Rémunérations moyennes dans le secteur IT, relevées par le cabinet de conseil NeoIT.
L'Europe de l'Est joue sa carte « Union européenne »
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(2) Salaires d'embauche dans le secteur IT, relevés par le cabinet de conseil NeoIT.
L'Afrique refait le coup des centres d'appel
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[ ET DEMAIN… ]
Des destinations nouvelles et des prestations inédites émergent
Chine, Roumanie, Moldavie... Les possibilités d'implantation à l'étranger sont multiples.
Xavier Biseul, Corinne Zerbib et Clarisse Burger , 01 Informatique, le 03/01/2007 à 07h00
Les analystes sont unanimes. L'offshore se développera dans les prochaines années. Au profit de destinations émergentes, mais aussi de nouveaux types de prestations et de formes contractuelles inédites.
Les SSII indiennes se tournent déjà vers d'autres pays
La hausse des salaires dans les pays pionniers redistribue les cartes de l'offshore. On le voit pour l'Inde : une augmentation annuelle des rémunérations de 10 à 15 % ne peut que nuire, à moyen terme, à son attractivité. Afin de rester compétitives, les SSII indiennes se sont donc entendues pour appliquer une hausse homogène et modérée des salaires. Pour fidéliser leurs collaborateurs et juguler un turnover d'environ 20 %, elles actionnent d'autres leviers. Notamment des plans de carrière, une implication accrue des salariés dans la stratégie de l'entreprise, et l'intérêt ou la variété des missions proposées.
Les SSII indiennes peuvent également se tourner vers des destinations où la main-d'oeuvre est moins chère. Ainsi, les ténors du service s'implantent aux Philippines, mais aussi et surtout en Chine, en y appliquant les processus industriels qui ont fait leur succès.
Consultant en stratégie et développement offshore, Nicolas Goldstein observe le même effet dominos en Europe de l'Est, où sont aussi présentes des SSII indiennes comme Infosys et Satyam. « C'est la Roumanie qui émerge le plus nettement du bloc francophone. Mais on y observe déjà une pénurie d'informaticiens. Et des cabinets de recrutement viennent alimenter les sociétés de services. » Du coup, la Moldavie commence à lui faire concurrence. Et si la Moldavie devient trop chère, on se déplace en Ukraine, un pays qui, depuis la révolution orange, malmène la suprématie de la voisine russe en pratiquant de plus bas salaires.
Au Maghreb, l'Algérie essaie d'émerger aux côtés de la Tunisie et du Maroc. « Des Franco-Algériens reviennent au pays pour créer leur SSII. Mais leurs salaires font remonter les prix. Les tarifs s'y alignent donc sur ceux deux pays voisins. »
Et quid des risques géopolitiques ? « Je n'ai jamais vu un projet bloqué pour des raisons géopolitiques. Le mode de paiement - 50 % à la commande, 50 % à la livraison - constitue en soi une assurance. »
Le périmètre applicatif de l'offshore s'élargit
L'offshore ne concerne plus les seules tâches répétitives : codage simple, correction de bogues, migration de bases... Il monte en gamme. Lorgnant, par exemple, le développement complexe, le paramétrage de PGI, la tierce maintenance applicative, voire la tierce recette applicative. Même la gestion des infrastructures (réseaux, serveurs, centres de données) n'est pas épargnée.
C'est la politique des petits pas. Une fois ses procédures et son organisation remises à plat dans l'esprit du modèle CMMI, une entreprise a la possibilité de tester l'offshore sur une partie d'un projet, puis élargir progressivement le périmètre. Derrière, les SSII locales se font fort de dimensionner les équipes en un temps record. Selon Syntec Informatique, 40 % environ du marché des services peut être traité en offshore.
La location avec option d'achat séduit de plus en plus
Les pionniers de l'offshor e ont généralement tenté l'aventure accompagnés d'une société de services ou d'une société pivot. Cette phase d'apprentissage passée, Nicolas Goldstein note une tendance à l'implantation en direct des donneurs d'ordres. A l'image de l'assureur Aviva, qui a jeté son dévolu sur l'Inde.
Une solution transitoire consiste à recourir au transfert d'activité opérationnelle, ou BOT (Build Operate Transfer). Cette forme contractuelle reprend le principe de la location-achat. Une entreprise loue une équipe de développeurs en offshore, laissant au prestataire le soin de gérer les hommes et l'infrastructure. A l'issue d'une période probatoire - de six mois à cinq ans, en général -, soit elle continue en sous-traitance, soit elle monte une coentreprise avec le prestataire, soit elle absorbe la totalité des parts et crée une filiale à 100 %.
« Ce qui limite la prise de risques », estime Nicolas Goldstein. Par ailleurs, le BOT exonère l'entreprise de l'opération la plus délicate en offshore. A savoir la transmission du savoir-faire, qui dure au minimum un an. » Le BOT s'avère de plus en plus pratiqué en Inde, mais aussi en Roumanie, où une société comme Kepler a grossi en montant des joint-ventures avec des sociétés françaises.
[ ASIE ]
Inde, la prime au pionnier de la sous-traitance
Quatrième économie mondiale, l'Inde occupe la pole position en matière d'offshore. Développement, tierce maintenance applicative, intégration... Etendue, l'offre indienne suit des processus industrialisés.
Xavier Biseul, Corinne Zerbib et Clarisse Burger , 01 Informatique, le 03/01/2007 à 07h00
Difficile de parler de l'offshore en Asie sans consacrer l'essentiel du propos à l'Inde. Quatrième économie mondiale en termes de parité de pouvoir d'achat, l'Inde devrait connaître une croissance de son PIB de 8 % en 2006. En matière de services informatiques, elle contrôle - selon le Nasscom, le Syntec indien - 44 % du marché mondial de la sous-traitance du logiciel. L'industrie informatique indienne devrait ainsi atteindre cette année un chiffre d'affaires de plus de 36 milliards de dollars.
Pionnier de l'offshore, le sous-continent a rodé ses processus industrialisés et offre une large gamme de prestations. Celles-ci s'étendent du développement applicatif à l'intégration de progiciels, en passant par la tierce maintenance applicative. Et ses grands acteurs - Tata Consultancy Services (TCS), Infosys, ou Wipro - rivalisent avec leurs homologues anglo-saxons et européens. « Si l'on veut externaliser sérieusement ses développements, il faut choisir l'Inde , tranche Jean-Yves Grisi, de Pivolis, société pivot récemment rachetée par l'indien KPIT. Les compétences, notamment en intégration SAP, y sont de très haut niveau. »
Une très large expertise
Et pour assurer leurs marges de croissance, « les Indiens offrent aussi des prestations de téléservices depuis l'Europe continentale - supervision à distance, services liés aux infrastructures , analyse Elisabeth de Maulde, directrice du cabinet d'études PAC. Ce mouvement récent devrait s'accélérer l'an prochain. Non pour des raisons de réduction des coûts, mais pour pallier la pénurie d'experts ».
De l'informatique de gestion à l'informatique technique, en passant par l'externalisation de processus métier ou BPO (Business Process Outsourcing), l'expertise indienne est complète. Ce n'est pas toujours le cas des grandes SSII occidentales - IBM, Accenture, EDS, Atos Origin, Capgemini, etc. -, qui, du coup, renforcent considérablement leurs structures en Inde.
Plus récemment, les SSII moyennes comme Sopra y ont aussi développé une offre solide. « Basé à New Delhi, notre centre répond aux besoins de nos clients européens et nord-américains , avance Daniel El Omi, directeur de l'offshore chez Sopra. Les grands industriels français montrent un intérêt croissant pour l'Inde. » Ce centre accueillera 500 personnes en 2007. Il propose du développement, de la TMA et des services de tests.
La Chine à l'affût
Certaines entreprises, à l'instar de la Société générale et BNP Paribas, ont déjà leurs propres centres captifs ou des filiales informatiques à Bengalore ou à Bombay. Mais la voie plus classique consiste à recourir à un intermédiaire français ou local. Traditionnellement, les SSII françaises procèdent par étapes. Elles proposent d'abord à leurs clients des services en région ou en nearshore (c'est-à-dire dans des pays limitrophes). Et ensuite, si l'externalisation fonctionne bien, des prestations en Inde. A l'inverse, les sociétés de services indiennes poussent leurs clients à tout externaliser d'un bloc, mettant à leur disposition tout un vivier de compétences.
Le cas de l'Inde ne doit pas occulter le développement de services informatiques offshore en Chine - le nombre d'ingénieurs formés chaque année y est supérieur à celui de l'Inde. Même si les entreprises clientes restent en majorité japonaises et américaines. Sans oublier les pays émergents, comme les Philippines, le Vietnam et la Malaisie, dont les gouvernements n'hésitent pas à investir dans la formation. Pour l'heure, toutefois, les SSII françaises sont encore peu présentes dans ces pays.
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Effectif
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L'industrie informatique emploie 1,5 million de personnes, et 2,5 millions indirectement.
Implantation des sites
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Principalement en Inde du Sud avec, bien sûr, Bangalore mais aussi Chennai (anciennement Madras), Pune ou Hyderabad.
Acteurs
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Les principales SSII indiennes - Tata Consultancy Services (TCS), Infosys, Wipro - affichent des chiffres d'affaires supérieurs à 1 milliard de dollars. Elles prévoient des recrutements massifs d'ici à quatre ans. Ainsi TCS, forte de 72 000 salariés, entend-elle en embaucher 30 000 supplémentaires. Du côté des SSII occidentales, on trouve, en ordre décroissant de leurs effectifs en Inde : IBM, Accenture, Capgemini, CSC, EDS, LogicaCMG et Atos Origin.
Prestations proposées
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Développement de projets informatiques internationaux, tierce maintenance informatique, création et intégration de progiciels pour des multinationales.
10:42 Publié dans Management | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.01.2007
Créer un blog permet de booster ses projets et la relation clients
« Avoir son blog fait partie du boulot d’entrepreneur », affirme Michel de Guilhermier, fondateur de Photoways et entrepreneur récidiviste. Un blog c’est un vrai bonus pour resserrer les liens avec les clients mais aussi pour développer ses projets professionnels.
Est-ce utile de créer un blog quand on est entrepreneur ?
J’ai créé mon blog personnel, micheldeguilhermier.typepad.com, lorsque j’étais PDG de Photoways (site de vente de photos sur Internet, ndlr). Selon moi, il est très important que le président d’une société s’exprime sur autre chose que son activité proprement commerciale. J’y parle de sujets que j’aime : le management, l’e-commerce, les nouvelles technologies, l’architecture et la maison de mes rêves… Un site Internet d’entreprise, c’est froid. Dans un magasin, on peut s’adresser à un responsable alors qu’avec l’e-commerce, la relation humaine est absente. Le blog du chef d’entreprise permet en quelque sorte d’humaniser la relation-client et de rendre « l’épicier en chef » accessible. Des clients de Photoways continuent à me contacter régulièrement via mon blog.
Vous aviez créé ce blog dans un but commercial?
Oui, dans la mesure où je voulais donner une image humaine du chef d’entreprise et, à travers lui, de l’entreprise. Cependant, il faut savoir que créer un blog personnel ne sert pas à acquérir de nouveaux acheteurs mais plutôt à fidéliser la relation avec le client. Parallèlement à mon blog personnel, j’ai crée photoways.typepad.com, un blog pour l’entreprise, qui a une dimension commerciale clairement affichée. Pour communiquer sur les nouveaux produits que la boîte commercialise et sur le marché de la photo. Aujourd’hui, ce blog a fait des petits et le site compte désormais cinq blogs différents. Une équipe en gère l’animation et l’actualisation.
Aujourd’hui vous partez sur un nouveau projet d’entreprise. A quoi va vous servir votre blog ?
Je prépare en effet un nouveau projet basé sur une approche innovante dans l’e-commerce. Dès que j’en parlerai plus précisément sur mon blog, je suis certain de recevoir des centaines de messages. Par exemple, quand j’ai annoncé sur le blog que je quittais Photoways et que je comptais investir comme business angel dans trois ou quatre sociétés, j’ai reçu une trentaine de réponses ! Le fait d’avoir un blog va beaucoup m’aider pour démarrer mon nouveau projet car cela apporte une lisibilité et un réseau de travail (consultants, investisseurs…). J’ai déjà rencontré une trentaine de personnes à la suite de leurs commentaires sur mon blog. Ce sont des gens avec qui j’ai des centres d’intérêts communs (e-commerce, nouvelles technologies, Internet…) et qui sont maintenant devenus des contacts professionnels.
Comment et à quel rythme actualisez-vous votre blog ?
Je travaille sur mon blog en moyenne une heure par jour, parfois trois heures, voire la journée entière si je veux rédiger des notes de fond. Pour moi, actualiser mon blog fait partie de mon boulot : ce n’est donc ni une véritable contrainte ni un simple amusement.
Je ne fais aucun effort particulier pour être bien référencé. Je suis déjà bien visible sur la toile puisqu’en tapant mon nom sur Google, on trouve plus de 130 000 résultats. Chaque jour, mon blog est consulté par 2 000 internautes dont 40 % de réguliers. Je ne pratique pas non plus le track back (commenter un article sur un autre blog pour créer un lien vers le sien, ndlr). Certains font du track back leur spécialité. Aujourd’hui, près d’une centaine de blogs pointent vers le mien. C’est suffisant : je ne vise pas la volumétrie mais un public de qualité.
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