11.08.2006

Oracle mange Siebel et enfle à vue d'oeil

L’acquisition sera bien plus aisée que celle de PeopleSoft, dont l’histoire avait connu des retournements de situation tant le conseil d’administration de la société était indécis. Ici, le conseil d’administration de Siebel est déjà prêt pour l’acquisition, le processus devrait donc être beaucoup plus rapide. Larry Ellison, PDG d’Oracle, se réjouit d’ailleurs : « C’est bien plus facile que l’acquisition de PeopleSoft ».

Acheter Siebel, c’est acquérir également plus de 3.4 millions de licences utilisateurs. Le marché des CRM devrait représenter 10 milliards de dollars en 2009, et Oracle est très bien parti pour s’octroyer une très belle part du festin. En effet, avec le rachat de Siebel, Oracle va disposer de trois solutions CRM, en comptant la sienne et celle de PeopleSoft. Oracle compte d’ailleurs réorienter toutes les activités CRM de Siebel vers la jeune mais importante stratégie de solutions « sur demande ».

Tom Siebel a donné sa bénédiction au rachat, car selon lui les dynamiques du marché ont complètement changé. Les sociétés clientes ne désirent plus simplement acheter le meilleur outil existant pour une tâche particulière, mais veulent se simplifier la vie en achetant une suite complète et intégrée provenant d’un même éditeur. Dans cette optique, le rachat par Oracle lui semble parfaitement logique.

Le rachat de Siebel n’est pas pour autant un acte isolé pour Oracle, ni même le plus conséquent, car l’acquisition de PeopleSoft avait coûté la bagatelle de 10.3 milliards de dollars. Oracle avait également racheté ou a prévu d’acheter les sociétés Context Media, i-flex, Oblix, ProfitLogic, Retek, TimesTen, et TripleHop. IBM devrait se faire du souci, car PeopleSoft et Siebel étaient deux sociétés avec lesquelles la grande firme avait des partenariats sur la fourniture de solutions à ses clients

Le rachat de Siebel n’est pas pour autant un acte isolé pour Oracle, ni même le plus conséquent, car l’acquisition de PeopleSoft avait coûté la bagatelle de 10.3 milliards de dollars. Oracle avait également racheté ou a prévu d’acheter les sociétés Context Media, i-flex, Oblix, ProfitLogic, Retek, TimesTen, et TripleHop. IBM devrait se faire du souci, car PeopleSoft et Siebel étaient deux sociétés avec lesquelles la grande firme avait des partenariats sur la fourniture de solutions à ses clients.


05.08.2006

Les Météorites, cette manne qui tombe du ciel

Le Maroc fait partie des pays qui en reçoivent le plus mais par contre il a reçu de L'UE 1,3 milliard de DH au Maroc.

 

 

La Commission européenne vient de décider l’octroi au Maroc de 123 millions d’euros, soit 1,3 milliard de DH, au titre du plan de financement national 2006.

Ce montant vient en appui au processus des réformes institutionnelles mené par le pays. Ainsi, 80 millions d’euros sont destinés à la réforme de la fiscalité, 40 millions à l’assainissement dont 10 millions dans certaines villes moyennes.

Les trois millions d’euros restants sont accordés en appui aux actions de réparation en faveur des régions touchées par les violations des droits de l’Homme.


Liban: Serfaty indigné

Un groupe d’intellectuels marocains de confession juive a lancé, le 3 août, un appel pour exprimer «leur indignation et leur souffrance devant les crimes commis par Israël au Liban et en Palestine». Les signataires ne sont autres que le grand écrivain Edmond Amran Elmaleh, Abraham Serfaty, militant des droits humains, et Sion Assidon, l’ex-président de transparency Maroc. Pour les signataires, «Israël est pris, encore une fois, d’une folie meurtrière portant à son paroxysme sa politique suicidaire, avec la complicité diplomatique et logistique active des Etats unis».

23.07.2006

Un cochon du vent dans le vent

Ventilateur_piggy_1Si ce n'est pas la canicule, ça y ressemble, avec son lot de suées et de sueurs et de pamoisons dans des bureaux sans air. Si vous n'êtes pas climatisés, si vos fenêtres sont verrouillées, si votre patron se rie de vos bouffées de chaleur, optez pour ce petit ventilateur USB : une demoiselle cochon sous un palmier.
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Air France-KLM mis en examen comme personne morale dans l'affaire Pretory

Avions KLM et Air France à l'aéroport d'Amsterdam (© AFP/Archives)


PARIS (AFP) - Le groupe Air France-KLM a été mis en examen jeudi en tant que personne morale par le juge chargé de l'instruction visant la société de sécurité Pretory, ex-sous-traitante d'Air France avant qu'elle ne fasse faillite, a-t-on appris auprès de l'avocat de la compagnie.
La compagnie aérienne est poursuivie pour "complicité d'abus de biens sociaux et travail dissimulé", a précisé à la presse Me Jean-René Farthouat.

Air France a obtenu le statut de témoin assisté pour d'autres infractions parmi lesquelles "blanchiment en bande organisée", a ajouté l'avocat après plus de trois heures d'audition du directeur juridique représentant la compagnie, Jean-Marc Bardy.

Me Farthouat a annoncé qu'il allait déposer une requête visant à annuler cette mise en examen "qui n'est fondée sur aucun élément sérieux".

Mardi après-midi, le PDG du groupe, Jean-Cyril Spinetta, a été entendu comme témoin assisté pendant plus de six heures par le magistrat financier Hervé Lourau qui a finalement choisi de ne le pas mettre en examen.

Air France "est suspecté d'avoir su que la société Pretory ne respectait pas les dispositions légales et par conséquent se créait une richesse indue", a expliqué Me Farthouat.

L'enquête judiciaire ouverte en décembre 2003 fait suite notamment à un signalement de Tracfin, la cellule de lutte contre le blanchiment d'argent, qui avait repéré 10 millions d'euros de flux suspects venant de Pretory.



Par ailleurs, l'instruction porte sur le mode de rémunération du personnel embarqué de la société de sécurité. L'essentiel des salaires aurait été payé illégalement par des sous-traitants cachés dans des paradis fiscaux en économisant sur les charges. Les bénéfices étaient empochés par les dirigeants de l'entreprise.

Le juge Lourau s'interroge d'une part sur les conditions dans lesquelles Pretory, inconnue dans le secteur de la sécurité, a pu décrocher un gros contrat avec Air France et d'autre part sur la connaissance que la compagnie aurait pu avoir des malversations.

En effet, après les attentats du 11 septembre 2001, Pretory avait été chargée par Air France de fournir des gardes embarqués dans les avions à destination des Etats-Unis.

La société avait vu alors son chiffre d'affaires exploser avant d'être placée en liquidation judiciaire en décembre 2003, entraînant le licenciement de plus de 600 salariés.

Les soupçons de favoritisme reposent sur les relations qui unissaient l'ex-directeur de la sûreté d'Air France Joël Cathala, ancien haut fonctionnaire de la police de l'air et des frontières en relation directe avec M. Spinetta, et deux actionnaires de Pretory. M. Cathala, qui a bénéficié d'un non lieu dans un autre dossier en 2005, n'a pas encore été entendu par le juge Lourau.

Quatre personnes physiques ont déjà été mises en examen dans cette affaire dont Jacques Gaussens, ex-PDG de Pretory et Pascal Jumel, ex-enquêteur de police condamné à 17 ans de prison pour des braquages.

17.07.2006

Le sommet du G8 : bras de fer géopolitique à Saint-Pétersbourg, par Peter Schwarz.





WSWS, 14 juillet 2006.


Depuis que les chefs de gouvernement des États-Unis, de l’Allemagne, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Italie et du Japon se sont rencontrés en 1975 pour « une discussion autour du feu » à Rambouillet, aux portes de Paris, le sommet annuel, devenu le G8 depuis que le Canada et la Russie ont joint le groupe, a pris de l’ampleur jusqu’à devenir une affaire internationale importante. Le sommet, planifié et préparé des mois d’avance par une armée de responsables, est l’occasion d’une série de réunions entre différents ministres.

Malgré l’énorme dépense de temps et d’efforts, les sommets n’ont le plus souvent qu’un caractère largement symbolique. Ce n’est que rarement qu’une décision importante y est prise et le résultat est généralement déterminé d’avance. Néanmoins, les sommets offrent un aperçu de l’état des relations internationales.

Il en est ainsi du sommet du G8 qui aura lieu du 15 au 17 juillet dans la ville russe de Saint-Pétersbourg. Le premier sommet du G8 en territoire russe devait originalement symboliser l’intégration complète de la Russie dans le club des principaux pays capitalistes industrialisés. Au lieu de cela, la réunion et les luttes acharnées qui l’ont précédée ont démontré les tensions vives dominant les relations internationales.

En particulier, la relation entre la Russie et les États-Unis a atteint son point le plus bas depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Certains politiciens américains comme les sénateurs John McCain et Joseph Lieberman sont allés aussi loin que d’appeler à un boycott du sommet de Saint-Pétersbourg.


Deux questions sont au cœur des disputes.

La première, sous le thème de la « sécurité énergétique mondiale », est en haut de l’ordre du jour officiel. Le contrôle des réserves et des voies de transport de l’énergie mondiale est en jeu, une question qui elle-même constitue un facteur clé dans la balance du pouvoir géopolitique du vingt-et-unième siècle.

La Russie est l’un des plus grands exportateurs mondiaux de pétrole et de gaz, et possède d’immenses réserves de gaz qui n’ont pas encore été explorées. Elle cherche à exploiter ce fait pour renforcer sa position en tant que puissance mondiale et à former des alliances pour contrecarrer la poussée des États-Unis pour l’hégémonie mondiale. Le président russe Vladimir Poutine décrit sa politique comme le développement d’un « ordre mondial multipolaire », un objectif que Washington cherche à tout prix à empêcher.

La deuxième question, l’attitude qu’il faut prendre quant à l’Iran, est intimement liée à la première. Bien qu’elle ne soit pas officiellement à l’ordre du jour, elle prend une place importante au sommet.

Il y a plusieurs signes de possibilité d’un compromis. Si la Russie est prête à accepter des sanctions contre Téhéran, les États-Unis pourraient adoucir la ligne dure qu’ils ont prise contre la Russie sur plusieurs questions. Parmi ces dernières, on trouve les efforts de la Russie pour rejoindre l’Organisation mondiale du commerce (l’OMC) et la conclusion d’un pacte nucléaire qui permettrait à la Russie d’entreposer des déchets radioactifs internationaux, une affaire très payante.

Plusieurs autres points secondaires de controverse qui ont fait les manchettes durant la période précédant le sommet, tels que le gouvernement toujours plus autoritaire de Poutine, le nouvel intérêt de la Russie pour la protection environnementale (le gaz nucléaire et l’énergie nucléaire sont décrits comme des formes d’énergie moins polluantes) et le récent sommet des chefs religieux à Moscou qui comprenait une délégation du Vatican, de l’Église orthodoxe russe et des mullah iraniens, font partie intégrante des jeux de pouvoir géopolitiques.

Si l’Europe ne manque pas d’ambition, il n’y a pas l’unanimité nécessaire en son sein pour jouer un rôle indépendant dans cette épreuve de force. Même si la moitié des chefs d’État participant au sommet sont européens, l’Europe appuie les États-Unis sur la plupart des questions. À l’exception de l’Angleterre, l’Europe se méfie des tentatives des Américains de dominer le Moyen-Orient et l’Asie centrale. Mais elle est encore plus méfiante envers la Russie qui veut renforcer la position des nations productrices d’énergie face aux nations consommatrices. L’Europe est encore plus dépendante que les États-Unis de l’importation d’énergie.



Sécurité énergétique


La Russie, qui était en déclin économique et politique depuis la fin de l’ère de Boris Eltsine, a connu un regain de vigueur économique remarquable au cours des dernières années. Depuis 1999, l’économie a crû au taux annuel de six pour cent, la valeur de la capitalisation en bourse a augmenté de onze pour cent depuis 2001 (elle vaut maintenant 621 milliards de dollars) et on s’attend à ce que son produit intérieur brut atteigne les 900 milliards de dollars cette année.

Ces chiffres sont principalement dus à l’augmentation des prix du pétrole et du gaz, qui ont explosé depuis 2002. La Russie est le second producteur de pétrole au monde après l’Arabie saoudite et contrôle 65 pour cent des réserves internationales de gaz naturel. La Russie fournit actuellement un neuvième du pétrole mondial et un cinquième de tout le gaz naturel.

Le gouvernement Poutine considère cette production comme la base pour restaurer et renforcer la position de la Russie en tant que puissance mondiale. Il a systématiquement assujetti le secteur énergétique à son contrôle au moyen du monopole gazier Gazprom et a semi-nationalisé les sociétés de pétrole. Il a utilisé la position de la Russie en tant que producteur d’énergie pour établir de nouveau son influence sur les régions qui ont acquis leur indépendance après l’effondrement de l’Union soviétique et pour développer de nouvelles alliances internationales. Washington et l’Europe s’opposent férocement à ce développement.

C’est ce qui explique les protestations contre l’arrestation du magnat du pétrole Mikhail Khodorkovsky et le démantèlement de sa société pétrolifère, Yugos. Les arguments avancés par les deux parties sont hypocrites. L’Ouest n’est pas préoccupé par la démocratie, mais plutôt par l’accès aux ressources de la Russie qui étaient vendues à un prix de vente de feu sous Eltsine. Quant à Poutine, ses gestes ne sont pas dirigés contre les oligarques prédateurs dont il défend et protège la richesse, mais plutôt contre la vente de ressources stratégiques à des intérêts étrangers. Khodorkovsky était près de vendre de grandes parties de son entreprise à des sociétés pétrolifères américaines lorsque l’État russe est intervenu pour l’en empêcher.

Les tensions se sont aussi intensifiées après les « révolutions » encouragées par l’Ouest en Géorgie et en Ukraine et après la pénétration de l’Asie centrale par les États-Unis dans le contexte de la guerre en Afghanistan. La Russie a depuis été capable de regagner une partie de son influence dans la région en liant les plus importants producteurs de gaz avec des contrats à long terme. Le gaz de cette région est exporté au reste du monde par Gazprom. De plus, Moscou a développé une nouvelle coalition avec le Kyrgyzstan, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan en alliance avec la Chine sous l’égide de l’Organisation pour la coopération de Shanghai, qui a invité l’Iran et le Pakistan lors de sa dernière réunion.

L’an dernier, lorsque la Russie a abruptement augmenté le prix de ses exportations de gaz en Ukraine au niveau des cours mondiaux et qu’elle a brièvement fermé les oléoducs, les sonnettes d’alarme ont retenti dans les capitales occidentales. La mesure, qui n’a eu qu’un impact limité sur l’approvisionnement en gaz de l’Europe, a généralement été comprise comme une confirmation de la détermination de la Russie à utiliser le pétrole et le gaz pour faire pression politiquement. Depuis, une trop grande dépendance sur l’approvisionnement russe est considérée comme un désavantage géopolitique important.

Un fait tout aussi alarmant pour l’Ouest a été l’annonce surprise faite par Poutine durant une visite à Pékin en mars de cette année concernant la construction d’un gazéoduc reliant les champs gaziers de la Sibérie occidentale à la Chine. Il avait été jusque-là pris pour acquis que les champs gaziers de la Sibérie occidentale étaient destinés à la consommation russe et européenne, et que de nouveaux champs seraient ouverts en Sibérie orientale pour alimenter la Chine. Si le gazéoduc de Sibérie occidentale est effectivement mis en place, la Chine fera face à l’Europe en tant que consommatrice rivale, situation qui renforcera sensiblement le fournisseur, à savoir la Russie.

Les relations entre les États-Unis et l’Europe d’une part, la Russie d’autre part, se sont considérablement refroidies depuis l’interruption par Gazprom de ses livraisons de gaz à l’Ukraine. La campagne de propagande contre le régime de Poutine a gagné en visibilité et en acrimonie.

Poutine a entrepris sa propre campagne de propagande en retour. Il a participé à une conférence d’ONG à Moscou, parrainée à l’échelle nationale, et a même autorisé des critiques à y être soulevées. Il a ensuite répondu à des questions durant une conférence internationale en ligne et a organisé un sommet de trois jours de représentants religieux de 49 pays pour combattre l’ « extrémisme ».

Il a soumis au sommet du G8 une proposition pour la « sécurité énergétique mondiale ». Selon Poutine, le but de sa proposition est de « s’assurer que la population et l’économie mondiales aient accès aux ressources énergétiques à des prix accessibles et avec un impact minimum sur l’environnement ». Il a ajouté que la « mise en place d’un climat favorable aux investissements et de règles stables de transparence dans le secteur mondial de l’énergie a un rôle important à jouer dans la sécurité énergétique ».

Les pays consommateurs d’énergie voient cependant l’offre de Poutine comme un cheval de Troie, dont l’objectif à leur avis est de faire en sorte que la Russie puisse, dans son rôle d’arbitre au sein du marché énergétique mondial, devenir un acteur décisif dans le jeu des grandes puissances.

Le Conseil sur les relations étrangères, un cercle semi-officiel américain de réflexion sur les questions de politique étrangère, a résumé ainsi les intérêts en lisse : « Le but des États-Unis est de progressivement réduire notre dépendance à l’égard du Moyen-Orient. Pour les Européens, il s’agit surtout de diversifier et de réduire leur dépendance à l’égard des exportations énergétiques de la Russie. La Russie a une vision très différente de la sécurité énergétique : La Russie veut s’assurer qu’il y a une demande continuelle pour son pétrole et son gaz. La Russie veut ainsi utiliser sa position sur les marchés énergétiques mondiaux comme une façon de devenir une puissance importante. Pour ce faire, elle doit être disposée à utiliser ce levier de manière politique. »



Iran


Washington a systématiquement intensifié sa pression sur Moscou pour qu’il soutienne ses mesures contre le régime de Téhéran. Dix jours avant le sommet, le président Bush a invité de manière démonstrative le chef d’État géorgien pro-américain, Mikhail Saakashvili, à la Maison-Blanche, laissant clairement entendre que les intérêts de Moscou dans le Caucase étaient menacés.

Au vu de la débâcle militaire en Irak, Washington travaille toujours plus ouvertement à intensifier la pression diplomatique, et possiblement militaire, sur les pays avoisinants, afin d’y provoquer des changements de régime favorables aux États-Unis. Israël est engagé, avec le soutien américain, dans une campagne militaire visant à briser l’Autorité palestinienne dirigée par le Hamas, et menace la Syrie, alors que les États-Unis augmentent la pression sur l’Iran avec le soutien européen.

La Russie a beaucoup en jeu en ce qui concerne l’Iran. Les deux pays maintiennent d’étroites relations économiques. Après l’Inde et la Chine, l’Iran est le troisième plus grand client de l’industrie russe de l’armement, et une grande partie de sa technologie énergétique et nucléaire est importée de la Russie.

Téhéran est surtout un allié stratégique important de la Russie dans les efforts de celle-ci pour garder les États-Unis et l’OTAN hors de la région caspienne. Pour sa part, le régime des mollah à Téhéran s’est ouvertement abstenu d’appuyer les forces islamiques à l’intérieur de la Russie et est resté silencieux sur la politique brutale de Moscou envers la population musulmane de la Tchétchénie.

L’alliance de Moscou avec Téhéran a ses limites, cependant. La Russie n’a aucun intérêt à ce que l’Iran devienne une puissance régionale forte ou possédant l’arme nucléaire. Ceci affecterait inévitablement ses propres intérêts dans la région. L’Iran est, de toute façon, extrêmement instable. La perspective tant d’une radicalisation du régime islamique actuel que d’un renversement du régime par des forces pro-occidentales est considérée comme une menace pour les intérêts russes.

Depuis que Téhéran a publiquement déclaré en février 2003 vouloir la maîtrise complète du cycle atomique, et relancé en janvier de cette année la recherche sur l’enrichissement de l’uranium, les relations entre les deux pays se sont visiblement refroidies.

La Russie a soumis sa propre proposition pour résoudre la question nucléaire en litige. Celle-ci permettrait à Téhéran d’enrichir de l’uranium dans le contexte d’une opération conjointe irano-russe, à condition qu’elle ait lieu, au moins en partie, sur sol russe. Si Téhéran rejette cette suggestion, il est possible que la Russie vote en faveur de sanctions de l’ONU contre l’Iran.

Il ne fait aucun doute que Moscou utilisera cette question au cours du bras de fer géopolitique à Saint-Pétersbourg.

Selon des comptes rendus de presse publiés lundi, Washington a annoncé être disposé à conclure une entente globale sur la technologie nucléaire civile si Moscou met fin à son opposition aux sanctions contre l’Iran. L’entente permettrait à Moscou de déverser de grandes quantités de déchets nucléaires internationaux en Sibérie, une affaire qui rapporte jusqu’à $20 milliards par année. Jusqu’ici, en conformité avec les conventions internationales sur la gestion du combustible usé, les États-Unis contrôlent environ 95 pour cent du marché potentiel des déchets radioactifs.

D’autres compromis sont également possibles, par exemple sur l’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce, qui a été bloquée pendant des années par Washington.

Tout marché conclu à Saint-Pétersbourg ne pourra modérer que temporairement les conflits géostratégiques et énergétiques sous-jacents. Il ne pourra résoudre les tensions qui vont en s’accroissant. Certaines des plus importantes puissances économiques et consommatrices d’énergie, telles que la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique et l’Afrique du sud, ne sont même pas représentées au G8.

En fin de compte, les énormes tensions qui sont devenues visibles dans la période préparatoire au sommet ont leurs racines dans l’incompatibilité de l’économie mondiale avec le système d’États nationaux sur lequel repose le capitalisme. Comme dans les périodes ayant précédé la première et la deuxième guerre mondiale, ces tensions éclatent de plus en plus la sous forme de conflits violents qui menacent de plonger la planète dans une nouvelle guerre mondiale, si la classe ouvrière se montre incapable de renverser le capitalisme et de réorganiser la société sur une base socialiste.

Peter Schwarz


-  Source : WSWS www.wsws.org


15.07.2006

Comment recharger ses batteries pour rester performant

Le corps humain fonctionne à l’aide de trois batteries : physique, mentale et émotionnelle. Celles-ci varient au fur et à mesure de la journée. Les astuces des coachs de Sportonus pour faire le plein d’énergie.

Le corps humain fonctionne à l’aide de trois batteries. Une batterie qui représente le potentiel physique, une autre pour le potentiel mental et, enfin, une troisième pour le système neurovégétatif qu’on qualifie, pour plus de simplicité, de batterie émotionnelle. Ces trois batteries vont varier au fur et à mesure de la journée.

1. La batterie physique. Dans la vie, certaines activités vont user la batterie physique ; l’immobilisme, par exemple. Rester assis pendant une réunion de quatre heures, ou une journée de travail, peut provoquer des troubles comme une tachycardie (accélération de la fréquence cardiaque), l’apparition de crampes, des tensions douloureuses au niveau de la mâchoire ou des épaules. Pour la recharger, il faudra pratiquer une activité physique régénératrice : un footing régulier de vingt minutes (deux fois par semaine) ou faire une marche de cinq minutes en milieu de matinée.

2. La batterie mentale. Une réunion sans fin, un rendez-vous client ou encore un comité de direction vont entamer la batterie mentale. Cela se traduit par une diminution de l’attention, des troubles du sommeil et des difficultés de concentration. Le sport pratiqué régulièrement prévient la fatigue physique et joue un rôle sur la psyché. Mais sachez que la meilleure récupération de cette batterie, c’est de diminuer le seuil d’excitation du cerveau. Assis au fond de votre siège ou, mieux, allongé jambes fléchies pieds à plat sur le sol, il faut favoriser la respiration abdominale.

3. La batterie émotionnelle. Cette dernière composante est liée à la réaction face au stress et à la gestion des émotions. Elle intervient, par exemple, lorsqu’on doit soutenir un rendez-vous important, lors d’une réunion de gestion de crise ou d’une interview, etc. Comme les deux précédentes, elle a tendance à se vider au cours du temps et il ne suffit pas d’apprendre à se maîtriser, en pratiquant des jeux de rôle, pour la garder intacte. Le système nerveux non contrôlable, ou système neurovégétatif, va insidieusement agresser l’organisme, entraînant cette douleur à l’estomac qui précède un exposé important ou ce ballonnement intestinal que le manager aimerait éviter face à son plus gros client. Pour recharger cette batterie, il faut faire le bon choix. Si vous êtes plutôt tonique, la solution est une activité physique dynamique qui va vous épuiser et ralentir ainsi la production d’adrénaline de votre corps. Si, à l’inverse, vous aimez prendre votre temps, la solution se trouve davantage dans la relaxation, la sophrologie ou le yoga.

 

Pour en savoir  plus :
www.sportonus.com

 

14.07.2006

La Banque du Japon a mis fin à sa politique de taux

L'institut monétaire nippon a relevé à 0,25% le taux de son principal taux d'intérêt directeur, rompant avec plus de cinq ans de politique de taux zéro

La Banque du Japon (BoJ) a mis fin vendredi à sa politique de taux d'intérêt zéro en vigueur depuis plus de cinq ans et a relevé à 0,25% son principal taux directeur, consacrant la victoire de la deuxième économie mondiale sur la déflation et la morosité économique. Le Japon rejoint ainsi les Etats-Unis et la zone euro dans le mouvement général de resserrement des politiques monétaires actuellement observé. Le loyer de l'argent au Japon était gratuit depuis mars 2001 afin de lutter contre la baisse continuelle des prix à la consommation, un phénomène pernicieux qui s'était installé pendant l'été 1998, mais qui a fini par s'estomper à la fin de l'année dernière.

// «La Banque du Japon fera en sorte que le taux au jour le jour reste aux alentours de 0,25%», a indiqué la BoJ dans un communiqué. Cette première hausse des taux depuis six ans, décidée à l'unanimité des neuf membres du comité de politique monétaire, était largement attendue. «Il n'y a aucune surprise dans la décision de la Banque du Japon. Les investisseurs ont pris en compte une hausse de 0,25 point depuis déjà plusieurs semaines», a commenté Seiichi Suzuki, analyste chez Tokai Tokyo Securities. A la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei a terminé vendredi sur un fort recul de 1,67%, plus en raison de l'instabilité au Moyen-Orient que du resserrement monétaire nippon auquel tout le monde s'attendait, selon les opérateurs.

Le gouvernement, qui avait initialement plaidé pour un maintien des taux à zéro, s'est finalement rallié à la décision de la banque centrale. «La politique de taux d'intérêt zéro est une politique exceptionnelle. Y mettre fin est, à mon avis, une bonne chose», a déclaré le secrétaire d'Etat à la Politique économique et budgétaire, Kaoru Yosano.
Parallèlement, la Banque du Japon a relevé de 0,30 point, à 0,40%, son taux officiel d'escompte, qui constitue dans les faits le taux d'intérêt maximal. Le relèvement du loyer de l'argent «contribuera à assurer la stabilité des prix et permettra une croissance soutenue sur le moyen et le long termes», a affirmé la banque centrale dans son communiqué. «L'économie japonaise a traversé une période difficile pendant plus de dix ans. Mais grâce aux efforts des secteurs privé et public, elle commence à revenir à la normale», s'est félicité le gouverneur de la BoJ, Toshihiko Fukui, lors d'une conférence de presse. Dans ce contexte, «si nous maintenons les taux d'intérêt à zéro, cela pourrait finalement provoquer d'énormes fluctuations de l'activité économique et des prix», a-t-il poursuivi.

La Banque du Japon a indiqué qu'à l'avenir, elle ajusterait «graduellement» les taux d'intérêt en fonction de l'évolution de l'économie japonaise. «Un environnement monétaire accommodant résultant de taux d'intérêt très bas sera probablement maintenu pendant un certain temps», a-t-elle précisé. M. Fukui a indiqué que la banque centrale ne relèverait pas forcément ses taux lors de chaque réunion mensuelle. Concernant les hausses à venir, les économistes sont divisés, certains tablant sur un ou deux resserrements d'ici la fin de l'année, d'autres sur aucun mouvement avant la mi 2007.

En mars dernier, la banque centrale avait déjà annoncé la fin de sa politique monétaire dite d'assouplissement quantitatif, qu'elle suivait depuis mars 2001 pour combattre la déflation, et qui consistait à inonder les banques de liquidités gratuites. Elle s'était cependant engagée à maintenir les taux à zéro pendant une période de transition de quelques mois

12.07.2006

Michel-Edouard Leclerc : " Je n'achète pas moins cher, je prends moins de marge "

Gardien de son image, l'homme-sandwich de l'enseigne des hypermarchés Leclerc défend le modèle coopératif comme plus efficace dans la guerre commerciale. Interview d'un obsédé des prix les plus bas.

Ses concurrents et détracteurs dénoncent ses « coups » publicitaires. Dernier en date : la revendication sur son site internet du statut d'enseigne alimentaire la moins chère de l'Hexagone. Il faut dire que « le premier épicier de France » n'a cessé de maintenir le cap : proposer des prix bas et briser les monopoles. Flair marketing, charisme personnel, Michel-Edouard Leclerc est aussi un bon communicant. Un des très rares patrons aimés du grand public parle du business model Leclerc.

En cinquante ans, Leclerc a marqué l'histoire du commerce. L'enseigne a conquis la place de numéro 1 des hypermarchés en France. Combien vaut la marque Leclerc aujourd'hui ?

Michel-Edouard Leclerc : Un chiffre a circulé quand l'association des centres E. Leclerc a racheté la marque à mes parents [120 millions d'euros, NDLR] . Mais l'enseigne vaut bien plus. C'est désormais une marque collective non cessible. Pour chaque propriétaire de magasin, elle constitue l'un des facteurs les plus valorisants de son fonds de commerce. Leclerc fait office d'aiguillon de la concurrence en France depuis cinquante ans.

Vous êtes entré dans le mouvement créé par votre père pour faire tomber des monopoles. Comment vous y êtes-vous pris ?

M.-E. L. : Des compagnons de mon père m'ont demandé en 1978 de créer une société d'importation pétrolière pour casser le prix unique des carburants et gagner l'autonomie de leurs approvisionnements. En 1985, Bérégovoy, ministre des Finances, nous approuvait et libérait enfin le prix des carburants en France. Tout de suite, nous avons créé une équipe intégrant des experts juridiques, commerciaux, en communication et des adhérents pionniers. Je me suis armé du rapport Armand Rueff de 1958, qui pointait les rigidités et professions fermées de l'époque, ainsi que du Toujours plus ! de François de Closets [un essai best-seller dans les années 1980, NDLR] . J'ai ciblé tous les secteurs de production et de distribution où les produits allaient subir une forte demande dans les dix ans. J'ai fait analyser par ces experts toutes les barrières à la concurrence. Puis, j'ai mis le groupe en ordre de bataille pour les faire tomber : la distribution sélective en parfumerie, exclusive en pharmacie, les prix exorbitants pratiqués par les grandes marques dans des secteurs comme le jouet, le textile et la chaussure.

Votre père a oeuvré pour la mutation du commerce vers le discount et la distribution moderne. Quel est votre apport spécifique ?

M.-E. L. : Mon père s'est attaqué aux marges excessives du commerce d'après-guerre dans le secteur des biens courants. Je partage son obsession : permettre aux salariés d'accéder aux biens qu'ils ont contribué à produire. Héritier de la pensée d'un Raymond Aron, d'un Jean Fourastié, d'un Alfred Sauvy, j'ai anticipé le rôle décroissant de l'agriculture et de l'industrie et lancé l'enseigne vers les services : d'où la diversification de nos hypers dans les voyages, la parapharmacie, le multimédia, l'optique et les activités culturelles.

Que dites-vous à ceux qui vous accusent d'avoir tué le petit commerce ?

M.-E. L. : Nous étions des petits commerçants. Le premier magasin de mes parents en 1949 mesurait 60 m2. Nous avons forgé notre destin en butte à l'attitude conservatrice des pouvoirs publics, qui niaient la nécessité d'une modernisation du commerce, de son adaptation à la consommation de masse, à la civilisation de la voiture, à l'urbanisation du territoire. Pour nous, c'était soit mourir dans les bras de Pierre Poujade et Gérard Nicoud, soit perdre notre indépendance et devenir clients des grossistes succursalistes.

Dans votre pensée, vous distinguez l'individualisme de l'indépendance. Quelle différence faites-vous ?

M.-E. L. : L'ennemi de l'indépendance, c'est l'individualisme ! L'indépendance se construit, s'organise. L'individualisme a tué les petits commerçants, il les a empêchés de se regrouper. Alors qu'il fallait baisser les marges, ils achetaient à des intermédiaires coûteux au lieu d'acheter directement.

D'un côté, vous défendez les consommateurs et le pouvoir d'achat et, de l'autre, l'entrepreneur, pour lequel vous réclamez une fiscalité plus modérée. Vous êtes un libéral interventionniste ?

M.-E. L. : Je suis pour la libre initiative et la saine compétition : en art, en sport, en politique, en économie. Une société avance malgré l'inégalité des talents quand elle reste ouverte aux challenges, aux initiatives, à la concurrence. L'Etat ne doit jouer le gendarme qu'en cas d'abus ou d'excès : dumping, monopoles, rentes excessives. Mais je ne suis pas un ultralibéral. L'économie est nécessaire, mais ce n'est pas l'horizon indépassable des aspirations collectives. C'est le politique et le social qui priment. On volerait tous en Boeing si le projet Airbus n'avait pas été soutenu par les Etats européens !

Qu'est-ce qui vous énerve chez les hommes politiques ?

M.-E. L. : Des mots comme « patriotisme économique » ou « champion national ». La France devrait dire « Fabriquons un champion européen dans tel secteur », mais elle a peur de s'acoquiner avec un Espagnol ou un Italien. Ça en dit long sur le repli français.

Vous mettez une pression maximum sur les prix. Ne craignez-vous pas de faire de la casse chez vos fournisseurs ?

M.-E. L. : Je n'achète pas moins cher que Casino ou Monoprix : ils vendent 10 % plus cher que moi ! Je prends moins de marge, c'est tout ! Et puis la grande distribution française est celle qui achète le plus à ses fournisseurs nationaux. Auchan et la famille Mulliez privilégient les fournisseurs du Nord. Grâce à Leclerc ou Intermarché, les produits bretons sont surreprésentés dans leurs magasins. L'ensemble de nos importations, hors carburants, représente moins de 7 % de nos achats. Chez nos voisins allemands, ce chiffre est de 50 %.

Leclerc est-il un modèle unique ou bien est-il reproductible ?

M.-E. L. : Mais oui ! Il y a un vrai business model des centres Leclerc, donc reproductible. Il comporte des valeurs comme la solidarité au service de l'indépendance. Ça se traduit par une organisation : des gens adhèrent à un ensemble qui développe l'enseigne. Mon rôle est de faire en sorte que personne d'autre qu'eux ne définisse leur communauté de destin. Nos affiliés mutualisent les coûts collectifs : achats, transport, stockage, communication, et aussi parfois des outils industriels. Mais quel que soit le statut juridique, le mode de gestion demeure : un homme, une voix.

En quoi ce modèle Leclerc est-il plus performant ?

M.-E. L. : Notre mode de fonctionnement - recherche du consensus et partage des coûts partout où cela est possible - fait de notre organisation la moins chère d'Europe. Le coût total de la structure (siège à Issy--les-Moulineaux) représente 0,17 % du chiffre d'affaires. Comparez avec les 1 à 3 % qu'exige un franchiseur. Quand Carrefour annonce qu'il va supprimer 1 700 postes à son siège, cela nous fait sourire : ici, au siège, nous ne sommes que 600 ! La capacité offensive de nos prix se trouve d'abord là : des frais structuraux très faibles !

Si votre modèle coopératif est plus efficace que le modèle des groupes intégrés, en quoi peut-il inspirer de petites entreprises ?

M.-E. L. : Nos adhérents sont des capitalistes à la tête d'entreprises dont ils contrôlent la totalité des actions. Certes, il leur faut des revenus, des résultats annuels, mais la valorisation de leur société s'effectue dans le temps, jusqu'au moment de la cession. Les propriétaires de Carrefour ou Casino sont des actionnaires zappeurs déconnectés du projet d'entreprise, à la recherche d'un rendement immédiat. Dans ce modèle, la finance gouverne le commercial. Si un directeur de Carrefour n'obtient pas le résultat espéré pendant deux ans, il est viré. Chez nous, la priorité est donnée au projet entrepreneurial. Nos adhérents peuvent faire deux ou trois ans l'impasse sur un rendement capitalistique immédiat pour aller chercher de la part de marché.

Leclerc, c'est aussi un patron très médiatique « grand communicant ». Quels conseils donnez-vous pour faire de la communication un outil de management ?

M.-E. L. : Rendre public le projet de l'entreprise oblige à le mettre en oeuvre. C'est ce que j'ai appris de la communication de grands entrepreneurs : Steve Jobs, Bill Gates ou, en France, André Essel, Gilbert Trigano, Marcel Dassault et Antoine Riboud.

Vous prévoyez d'ouvrir vingt-six nouveaux espaces culturels en 2006. Vous en annoncez 170 d'ici à 2010. Leclerc diffuseur culturel, est-ce une mission prioritaire chez vous ?

M.-E. L. : Nous vivons dans une société de consommation hypermatérialiste : elle lamine les vraies valeurs. Mon objectif avec ces espaces culturels Leclerc est d'apporter la culture là où elle s'est fait la malle ; là où Pinault, Lagardère, la Fnac et Virgin n'investiront pas : en banlieue ou dans les petites villes moyennes de province. Leclerc y propose une offre de fond accessible en prix à une population qui achèterait moins de livres si nous n'étions pas présents. En matière de culture, je crois que l'offre peut créer la demande.

 

Michel-Édouard Leclerc en abrégé
 
1952:
Naissance à Landerneau (Finistère).

- Etudes secondaires au petit séminaire de Viry-Châtillon (91).

- Etudes supérieures à Paris-I Panthéon-Sorbonne : doctorat de sciences économiques et diplôme de philosophie et sciences politiques.

1978 - Entre au groupement d'achat des centres distributeurs Edouard Leclerc comme conseiller technique et s'occupe des problèmes de carburants.

1979 - Créé la société d'importation pétrolière Leclerc.

Depuis 1985 - Copréside avec son père l'Association des centres distributeurs Edouard Leclerc (ACDELec).

2003 - Publie Itinéraire dans l'univers de la bande dessinée (Ed. Albin Michel), en collaboration avec Chantal-Marie Wahl.

2004 - Publie Du bruit dans le Landerneau , livre d'entretiens avec Yannick Le Bourdonnec (Ed. Albin Michel). Lance son blog www.michel-edouard-leclerc.com
 

 

 

 

 

 

 

 

10.05.2006

Campagne d'information de l'UE dans les écoles turques

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eynep Akgül se rend d'Asie en Europe. La collaboratrice du bureau d'information européen d'Istanbul s'apprête à visiter un collège situé dans la partie européenne de la ville.
Depuis le lancement des négociations en octobre dernier sur l'intégration de la Turquie à l'Union européenne, Akgül visite environ un établissement scolaire par semaine à la demande de la commission européenne. Cette politologue connaît très bien les questionnements de la jeunesse turque:
"Les jeunes demandent toujours si l'adhésion à l'UE impliquera l'abandon des traditions turques. C'est un sujet qui inquiète également les plus âgés. Les questions des jeunes reflètent les préoccupations de la société".

Cet établissement scolaire est situé dans une banlieue ouvrière d'Istanbul. Les élèves l'attendent déjà. Zeynep Akgül va leur enseigner les fondements de l'Europe, du plan Schumann jusqu'à l'élargissement à l'Est. Pour l'heure, l'Union européenne n'est pas encore au programme scolaire. Mais les jeunes Turcs peuvent participer aux nombreux programmes de formation et d'échange de l'Union. L'intégration à l'Europe suscite de nombreuses questions:

"Cela fait 40 ans que nous voulons entrer dans l'Union européenne. Pourquoi ne veulent-ils pas de nous ?"
"N'aurions-nous pas intérêt à créer notre propre Union, une union islamique ?"

Certainement pas, selon Zeynep Akgül. D'un point de vue économique et politique, la place de la Turquie est en Europe. C'est également l'avis de cet enseignant qui essaie de convaincre ses élèves:
"Réfléchissez, si nous travaillons avec les pays développés et que nous nous alignons sur leur niveau, votre avenir sera assuré !"

A la fin d'une longue journée de travail, Zeynep Akgül retourne au bureau d'information européen. Rien ne l'arrête dans sa mission, ni les tensions entre Bruxelles et Ankara ni même l'éventualité d'un report de l'adhésion:

"Quelle que soit l'issue politique, il est important que les gens ici soient bien informés, qu'ils comprennent ce qu'est l'Union européenne. C'est mieux qu'une attitude négative".

Même si les 25 se rapprochent de la Turquie, de part et d'autre du Bosphore, on continue à rester sceptique.

 

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